Les autorités craignent des milliers de morts après le passage de Sidr
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Les autorités craignent des milliers de morts après le passage de Sidr

Un peu moins ou un peu plus de 2000 personnes, selon les sources, mais probablement des milliers, ont été tuées par le cyclone Sidr qui a dévasté jeudi le sud du Bangladesh.

De plus, des millions de sans abris sont recensés.

«Nous avons pour l'instant 1723 morts confirmés», a annoncé Salina Shahid, du ministère de la Gestion des catastrophes naturelles, ajoutant que ce nombre allait augmenter. Les autorités régionales comptabilisaient de leur côté 2185 morts samedi soir.

«Nous nous attendons à découvrir des milliers de cadavres dans les jours qui viennent», a prévenu Shekhar Chandra Das, responsable de la cellule de crise du gouvernement. En effet, les autorités ont du mal à recenser les victimes dans de nombreux districts dévastés, coupés du monde et que des sauveteurs et l'armée ont toutes les peines à rejoindre.

Sidr a frappé avec des vents de 240 km/h le sud côtier bangladais, près de l'Etat indien du Bengale occidental, qui a été épargné.

Au Bangladesh, Sidr n'a laissé qu'un paysage de désolation, dévastant tout sur son passage. Les blessés devraient se compter par centaines, voire par milliers. La région méridionale la plus gravement touchée est peuplée de cinq millions de Bangladais, selon des estimations.

Villages rasés

Là, des dizaines de milliers de maisons en pisé, en bambou ou en paille, aux toits en tôle ou en chaume, ont été rayées de la carte, du moins dans les districts qui ont pu être inspectés.

«Des millions de gens sont sans abris et moins de 1 % de cette population a été secourue», a évalué Hariprasad Pal, administrateur du district de Jhalokati, l'une des zones les plus touchées, à 140 km au sud de Dacca, la capitale.

Les survivants ont raconté leur «terreur» quand les vents accompagnés de pluies torrentielles ont balayé leurs habitations. «C'était l'enfer. J'ai vu des dizaines de toits de tôle s'envoler et les maisons soufflées», a témoigné Manik Roy, un homme d'affaires.

Sidr, selon des responsables, est la pire tempête de ces dernières années dans un pays ravagé en 1970 par un ouragan qui avait fait un demi-million de morts, et par un terrible raz-de-marée cyclonique en 1991, qui avait tué 138 000 personnes.

Evacuations en masse

Pour tenter d'éviter un bilan aussi monstrueux, les autorités avaient pris les devants en évacuant 1,5 million de personnes, lesquelles s'étaient réfugiées dans des bâtiments en dur et dans des abris anticycloniques construits sur la côte.

Pour porter secours aux sinistrés, la marine a envoyé des navires chargés de vivres et de médicaments. Des hélicoptères de l'armée ont été dépêchés. L'UE a notamment débloqué 1,5 million d'euros d'aide, la Suisse 200 000 francs et les Etats-Unis ont proposé leur assistance.

Même si le bilan humain sera bien moins élevé qu'en 1970 et en 1991, le gouvernement craint aussi d'»énormes dégâts» économiques dans ce pays musulman laïc de 144 millions d'habitants, dont 40 % vivent avec moins d'un dollar par jour, ce qui en fait l'un des plus pauvres au monde.

Sidr a provoqué aussi un désastre écologique. Il a ravagé la plus grande mangrove du monde, les Sunderbans, inscrite au patrimoine mondial de l'humanité et réserve exceptionnelle de milliers d'espèces d'animaux rares, a annoncé l'Union mondiale pour la nature. Samedi, le cyclone n'était plus qu'une grosse dépression au dessus du nord-est de l'Inde.

(ats)

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