Genève - Les autorités démunies face à un camp de personnes précaires
Publié

GenèveLes autorités démunies face à un camp de personnes précaires

Plusieurs tentes sont installées à côté d’une église depuis plus d’un mois. Sans plainte, la police ne pouvait intervenir.

par
Maria Pineiro
Les tentes, peu visibles depuis la route, sont adossées au mur de l’église.

Les tentes, peu visibles depuis la route, sont adossées au mur de l’église.

mpo

«Cela fait des années que des gens dorment dans la cour de l’église, raconte un voisin de la paroisse Sainte-Jeanne de Chantal, aux Charmilles. Auparavant, ils quittaient les lieux tous les matins. Depuis un mois et demi, plusieurs tentes sont installées en permanence.» Sur le parvis, on compte sept abris de fortune, des tentes igloo, montées contre le mur et peu visibles de la route. Les personnes qui ont investi les lieux, des adultes et des enfants originaires de Roumanie, s’y sont organisées pour, notamment, pouvoir cuisiner. «Nous sommes ici faute de mieux. Ce que nous souhaiterions, c’est une maison», témoigne l’un d’eux. Les conditions de vie sont précaires. Le manque de sanitaires est patent et pointé du doigt, notamment à cause des désagréments engendrés, dont se plaignent les voisins.

Situation complexe

L’Eglise catholique romaine est au courant de l’installation: «La situation de ces personnes en grande précarité n’est digne pour personne. Elle est complexe», juge sa porte-parole. Des séances réunissant les polices cantonale et municipale, les services sociaux et la paroisse ont eu lieu «pour chercher des solutions, mais sans succès». Du côté de la Ville, Kristina Kitsos, magistrate chargée des Affaires sociales, indique que «l’équipe du Service social se rend régulièrement à la rencontre des personnes pour leur transmettre toutes les informations utiles et les accompagner. Dans le cadre du travail de rue, des informations sont transmises aux personnes sur les aides qui peuvent leur être fournies, et notamment sur les hébergements d'urgence, ou encore sur l'espace d'accueil enfants-parents de Saint-Gervais». L’élue relève néanmoins que «ces personnes fréquentent peu les lieux de distribution de repas proposés par les associations ou le Service social de la Ville». 

Pas d’intervention sans plainte

Les habitants s’étonnent de cette installation durable. Contactée, la police cantonale indique que «ces personnes se trouvent sur un terrain privé. Par conséquent, les forces de l’ordre ne peuvent pas intervenir sans être formellement sollicitées par le propriétaire», précise Joanna Matta, porte-parole. «Par le passé, une plainte a été enregistrée, sans succès», a détaillé l’Eglise catholique, qui a annoncé le dépôt d’une nouvelle plainte ces derniers jours.

Ton opinion