Les autorités tunisiennes nient la pratique de la torture

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Les autorités tunisiennes nient la pratique de la torture

Les autorités tunisiennes réfutent les allégations relayées par les médias sur une possible pratique de la torture en Tunisie, à la suite du jugement rendu au début du mois par un tribunal américain à Washington.

Se basant sur des appréhensions dans ce sens, la juge fédérale américaine Gladys Kessler a bloqué le rapatriement d'un Tunisien détenu à Guantanamo (Cuba) de crainte qu'il ne soit soumis à la torture dans son pays d'origine.

En réaction à ce jugement, qui date du 2 octobre mais n'a été rendu public que mardi, le gouvernement tunisien assure, dans un communiqué transmis à l'Associated Press, que «la torture et les mauvais traitements sont des pratiques répréhensibles en Tunisie (et) sont, de ce fait, érigées en infractions sérieuses passibles de peines criminelles».

Selon Tunis, «les instances judiciaires étrangères devraient faire preuve de davantage de prudence, et éviter de relayer des allégations dénuées de tout fondement».

«Etat de droit, la Tunisie respecte la dignité humaine, dans les textes comme dans la pratique, garantit l'intégrité physique et morale de la personne et ne tolère aucun traitement dégradant envers les citoyens «, ajoute la même source selon laquelle les détenus «bénéficient, en Tunisie, de tous les droits qui leur sont reconnus par la loi relative à l'organisation des prisons, laquelle loi est conforme, en tous points, aux normes internationales».

Les autorités rappellent que le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) visite régulièrement les prisons tunisiennes.

En septembre dernier, l'organisation Human Rights Watch (HRW) avait fait état de mauvais traitements contre deux ex-détenus de Guantanamo transférés en Tunisie il y a quelque quatre mois.

Les autorités tunisiennes démentent ce qu'elles qualifient d'»allégations mensongères».

«Ces deux rapatriés jouissent de toutes les garanties d'un procès équitable (audience publique, procès contradictoire, assistance des avocats, etc) et de conditions normales de détention. Ils reçoivent régulièrement la visite de leurs proches ainsi que celle de leurs avocats, et bénéficient de soins médicaux appropriés, dès que nécessaire», avance le communiqué gouvernemental.

Le détenu de Guantanamo dont le transfert a été bloqué se nomme en fait Lotfi Ben Ali, selon l'avocat Samir Ben Amor, qui estime que le nom de Mohammed Abdul Rahman, qui figure sur les documents judiciaires américains, serait plutôt un surnom.

Agé de 43 ans, ce dernier a fait l'objet d'une double condamnation de deux fois 20 ans de prison, la première le 26 janvier 2005 et la deuxième le 24 mars 2006, pour des chefs d'accusation liés à son «appartenance à une organisation terroriste opérant à l'étranger», selon Me Ben Amor.

Il fait en outre l'objet d'investigations en cours auprès du tribunal de première instance de Tunis. (ap)

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