Affaire Kadhafi: Les autres cantons solidaires avec Genève
Actualisé

Affaire KadhafiLes autres cantons solidaires avec Genève

Irrité par l'initiative de Hans-Rudolf Merz, Genève peut compter sur le soutien des autres cantons, qui se pencheront sur le dossier à sa demande. Au Conseil fédéral, Ueli Maurer et Doris Leuthard ont exprimé leur soutien à M. Merz.

S'exprimant dans une interview publiée samedi par la «Südostschweiz» et la «Mittelland-Zeitung», le président de la Conférence des gouvernements cantonaux (CdC), le conseiller d'Etat PDC schwyzois Lorenz Bösch, a dit comprendre la colère des autorités genevoises face à l'action du président de la Confédération.

Le conseiller d'Etat genevois Pierre-François Unger s'est encore plaint samedi sur les ondes de la Radio suisse romande (RSR) que son canton avait été traité «de manière un peu bizarre».

La CdC se penchera sur le dossier à la demande des autorités du bout du lac. Une prise de position concrète est toutefois attendue «au plus tôt vendredi prochain», a précisé M. Bösch. «Le contrôle de la police est clairement de la compétence des cantons», a-t-il souligné.

Interrogés dans «Le Temps», plusieurs présidents de gouvernements romands renchérissent dans ce sens. L'engagement du Conseil fédéral de sanctionner Genève est impossible à tenir sans violer la séparation des pouvoirs et le fédéralisme, selon le Vaudois Philippe Leuba.

Selon les informations à la disposition de M. Bösch, la Confédération a agi seule, sans discuter de son action avec les autorités genevoises. Une attitude qu'il juge «problématique». M. Bösch trouve également étrange que la Confédération présente des excuses avant qu'un tribunal ait rendu un verdict de culpabilité à son encontre.

Soutien d'Ueli Maurer et Doris Leuthard

Hans-Rudolf Merz peut en revanche compter sur l'appui de son collègue UDC Ueli Maurer. «Il a bien fait», a déclaré le ministre de la défense à la radio alémanique DRS.

Pour Doris Leuthard, l'action entreprise peut constituer «une solution», même avec des excuses controversées, pour autant que les deux otages suisses rentrent au pays, a-t-elle déclaré à la RSR.

Pascal Couchepin est plus réservé. «Je ne connais pas le contenu de cet accord et je ne suis pas en mesure d'exprimer une position», a-t-il déclaré vendredi soir à la télévision alémanique.

Toni Brunner: Calmy-Rey responsable

»Je comprends que le peuple ne puisse pas admettre» que M. Merz présente des excuses à la Libye», a déclaré de son côté le président de l'UDC, Toni Brunner, à l'occasion de l'assemblée des délégués du parti.

M. Brunner aimerait savoir pourquoi M. Merz n'a pas rencontré personnellement le président libyen et n'est pas revenu de Libye avec les deux otages.

Mais M. Merz n'est pas le seul responsable, a affirmé Toni Brunner, selon qui la diplomatie a échoué à résoudre le litige. Et il se demande aussi si ce n'est pas là le résultat de la politique étrangère de Micheline Calmy-Rey.

»Arrière-goût amer» pour Urs Schwaller

Le candidat PDC au Conseil fédéral Urs Schwaller a quant à lui montré de la compréhension pour «l'aspect humain» qui a selon lui motivé l'action du président de la Confédération.

Mais un arrière-goût amer subsiste dans toute cette affaire, a déclaré M. Schwaller à l'ATS en marge du congrès du PDC à Genève. M.Schwaller n'a pas digéré que l'on ait égratigné les principes de l'Etat de droit et le système institutionnel pour un chef d'Etat qui n'est pas connu pour son respect des droits humains.

Otages «prudemment optimistes»

Les deux Suisses retenus en Libye sont eux «prudemment optimistes» quant à une prochaine libération, selon le municipal genevois Stéphane Valente, qui correspond régulièrement avec eux. M. Valente, municipal UDC de Vernier (GE), confirmait des propos publiés samedi par la «Tribune Genève».

Concernant les critiques adressées à M. Merz sur l'accord signé à Tripoli, M. Valente affirme que «c'est lui faire un bien mauvais procès» et que son voyage en Libye constitue un «acte courageux».

Critiquant le travail effectué par le Département fédéral des affaires étrangère (DFAE), il a encore estimé qu'»une fois les otages libérés, il y aura une grosse introspection à faire sur l'ensemble de l'affaire». (ats)

Ton opinion