Disparition de Samantha: Les avis de disparition sont rarement publiés
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Disparition de SamanthaLes avis de disparition sont rarement publiés

Chaque jour en Suisse, 13 personnes sont portées disparues. Le public n'est toutefois que rarement informé, pour de nombreuses raisons.

par
rmf
La jeune femme disparue il y a deux mois a été retrouvée morte. Sa disparition n'avait pas été diffusée largement auprès de la population.

La jeune femme disparue il y a deux mois a été retrouvée morte. Sa disparition n'avait pas été diffusée largement auprès de la population.

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Il y a dix jours, un passant retrouvait dans un marais le corps sans vie de Samantha. Elle avait disparu deux mois plus tôt. Dans «L'illustré», la grand-mère de la Genevoise critique maintenant le fait que la police n'ait pas émis d'avis de recherche au moment de sa disparition.

Près de 4'700 disparus par an

Une enquête, menée par la «SonntagsZeitung» auprès de 13 cantons ayant accepté de coopérer, montre que cette façon de faire correspond à un système. Rien que l'année dernière, on y compte 3'354 personnes disparues. Extrapolé à l'ensemble de la Suisse, cela revient à environ 4'700 personnes, soit environ 13 par jour.

Pourtant, le nombre d'avis de recherche diffusés par la police reste relativement faible: ils n'interviennent que dans 2,8% des cas, révèle le journal. La tendance est particulièrement marquée à Genève, où les disparitions sont les plus fréquentes.

Protection de la personnalité

En 2017, 1'668 avis de recherche ont été émis, mais seuls 5 ont été relayés plus loin. «Nous devons nous poser la question avant chaque publication, si la protection de la vie privée des personnes concernées n'est pas plus importante», explique le porte-parole de la police genevoise Silvain Guillaume-Gentil.

«Lorsque ce sont des mineurs, on doit avoir l'autorisation des parents, poursuit-il. Et quand ce sont des adultes, qui peuvent parfois disparaître de leur plein gré, une enquête publique peut aussi les pousser à se cacher encore davantage.»

Ne pas submerger d'informations

Autre problématique: l'attention de la population, qu'il ne faut pas surcharger en informations. «Si on publie chaque jour de nouveaux avis de recherche, à terme, ils ne sont plus vraiment pris au sérieux», poursuit le porte-parole.

Environ une moitié de mineurs

Comme l'explique la «SonntagsZeitung», une grande partie des personnes qui disparaissent n'ont pas encore 18 ans. A Bâle-Ville et à Fribourg par exemple, les mineurs représentaient 44% d'entre-elles en 2017. Dans les cantons de Vaud et d'Obwald, la proportion dépassait même la moitié.

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