Actualisé 24.11.2009 à 20:11

Drame du parc aux ours à BerneLes avis sur le coup de feu de la police divergent

Dans l'affaire de l'agression d'un jeune handicapé par l'ours Finn à Berne, la chronologie de l'intervention policière reste floue. Les témoignages recueillis se contredisent et la police ne souhaite pas commenter pour le moment.

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Deux témoins assurent, tout comme différents médias, que le coup de feu de la police a eu lieu lorsque l'ours aggressait le jeune homme handicapé.

Ludivine Rathgeb, Fribourg

«Mon mari et moi étions sur le pont juste au dessus de la victime et des policiers. Nous avons entendu un seul coup de feu au moment où l'ours tenait la tête de l'homme dans sa gueule. Là, l'ours a lâché sa proie et est remonté un peu plus haut dans le parc. L'homme s'est relevé, mais les policiers l'ont sommé de rester allongé sans bouger. Il était livide. Il s'est allongé et n'a plus bougé. J'ai cru qu'il était mort, mais un médecin à nos côtés nous a dit qu'il devait être en état de choc.

Lire le témoignage complet de Ludivine Rathgeb

Philipp Müller, municipal radical bernois

«L'ours s'est levé sur le dos de sa victime, l'a secouée et mordue. Les personnes présentes, choquées, ont alors essayé d'éloigner l'animal en lui lançant différents objets. Mais sans succès. Finalement, un policier arrivé sur les lieux a tiré sur Finn. L'animal a été touché à l'arrière. Il saignait. Il a alors abandonné sa victime et s'est éloigné.»

Un troisième témoin, nous indique de manière catégorique que le seul coup de feu à été tiré après l'agression, alors que le handicapé gisait à terre.

François*, Genève (réalisateur des deux vidéos amateur présentes sur cette page)

«J'ai assisté à toute la scène depuis le moment où le handicapé s'est trouvé dans l'enclos jusqu'à ce que l'ours ait quitté le parc. On se trouvait sur le pont, 10 mètres plus haut que les policiers. Je suis catégorique: Il y a eu un seul coup de feu tiré environ cinq secondes après la fin de la vidéo. C'est-à-dire après la fin de l'agression de l'ours sur le jeune handicapé.» A ce moment, l'ours était à une distance d'environ 25 à 30 mètres de l'homme blessé.

Lire le témoignage complet de François

Jointe par téléphone mardi matin, la police cantonale bernoise refuse tout commentaire sur la chronologie des faits.

* Nom connu de la rédaction

Selon les indication de notre témoin, François, la distance entre le tireur et l'ours est d'environ 25-30 mètres au moment du coup de feu. (Vidéo: dr)$$VIDEO$$

Attention, certaines images de cette vidéo peuvent choquer. $$VIDEO$$

Images d'une rare violence

La vidéo diffusée sur «20 minutes online» témoigne de la violence de l'attaque. Ces images cruelles justifient la réaction de la police, qui a ouvert le feu sur le plantigrade. Elles sont aussi de nature à nuancer la compassion pour cet ours, qui fait figure de victime dans les nombreux courriels reçus par le directeur du parc bernois et par la rédaction de «20 minutes online».

Notre rédaction a décidé de publier ces images - en prenant soin de respecter l'anonymat de la victime - afin de rappeler l'extrême dangerosité de l'animal et contribuer à mieux éclairer l'opinion de nos internautes. Cette vidéo est susceptible de choquer certaines sensibilités. C'est pourquoi elle est accompagné d'un avertissement et ne doit pas être utilisée en dehors de son contexte.

La rédaction

Les balles déformantes

C’est une munition dite à expansion contrôlée qui a été tirée sur l’ours afin de l’immobiliser, a confirmé mardi matin la police bernoise. L’utilisation de ce type de balles est standard chez une majorité de polices cantonales suisses depuis 2007. Elles ont remplacé les balles blindées, perforantes, qui avaient tendance à provoquer des dommages collatéraux.

Les balles déformantes sont en partie creuse. De fait, à l’impact, elles s’écrasent sur elles-mêmes et pénètrent peu profondément dans leur cible, sans se fragmenter. Le risque de voir une balle transpercer son objectif et ainsi toucher involontairement une tierce personne est fortement diminué. En revanche, les blessures infligées par ce type de projectiles sont généralement plus graves que celles observées avec des balles blindées.

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