France - Procès du Carlton: Les avocats attaquent un dossier «effondré»
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France - Procès du CarltonLes avocats attaquent un dossier «effondré»

«Ce que nous savions est arrivé: ce dossier s'est effondré!», a clamé mercredi au procès de l'affaire du Carlton de Lille l'avocat de Dominique Strauss-Kahn.

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10.06 Proxénète ou simple libertin ? La justice française dit vendredi si l'ancien patron du Fonds monétaire international (FMI) Dominique Strauss-Kahn a enfreint la loi en participant à des parties fines avec des prostituées.

10.06 Proxénète ou simple libertin ? La justice française dit vendredi si l'ancien patron du Fonds monétaire international (FMI) Dominique Strauss-Kahn a enfreint la loi en participant à des parties fines avec des prostituées.

Jacques Brinon (ap, Keystone)
17.02 Le procureur a requis mardi la relaxe «pure et simple» pour l'ancien directeur général du FMI Dominique Strauss-Kahn, dans le procès pour proxénétisme aggravé devant un tribunal français.

17.02 Le procureur a requis mardi la relaxe «pure et simple» pour l'ancien directeur général du FMI Dominique Strauss-Kahn, dans le procès pour proxénétisme aggravé devant un tribunal français.

Keystone/AP/Michel Spingler
Par contre, un an de prison ferme a été requis à l'encontre de «Dodo la Saumure», gérant de plusieurs «maisons de débauche» en Belgique.

Par contre, un an de prison ferme a été requis à l'encontre de «Dodo la Saumure», gérant de plusieurs «maisons de débauche» en Belgique.

Reuters/Pascal Rossignol

Il a mené une charge tambour battant avec les autres avocats de l'ancien patron du Fonds monétaire international (FMI) pour obtenir sa relaxe.

La plaidoirie de ce défenseur respecté des droits de l'Homme était extrêmement attendue mercredi, au procès pour proxénétisme dit du Carlton, en écho à la relaxe «pure et simple» réclamée la veille par le procureur Frédéric Fèvre.

Derrière son pupitre où il a disposé quelques notes, il cite la Déclaration des Droits de l'Homme de 1789: «tout ce qui n'est pas défendu par la Loi ne peut être empêché et nul ne peut être contraint à faire ce qu'elle n'ordonne pas».

«En trois lignes tout est dit: la loi, la loi! La morale, chacun a la sienne. La vertu, ça se pratique, ça ne se commente pas», ajoute-t-il.

Quatre anciennes prostituées pas présentes

Sur le banc des prévenus, DSK est attentif. Mais côté parties civiles, les quatre anciennes prostituées sont ostensiblement absentes.

Les trois avocats de Dominique Strauss-Kahn ont fustigé pendant plus de deux heures une instruction qui les indigne.

«Le droit a été tordu, détourné de sa finalité tout autant que les faits», s'offusque la première Me Frédérique Baulieu. Me Leclerc, évidemment, a demandé la relaxe au tribunal.

«Vous êtes libres bien sûr, mais vous avez tenu un débat contradictoire, vous avez entendu les arguments. Il ne reste plus rien (...), plus aucun accusateur, qu'un dossier qui a coûté une fortune et où il n'y a rien», lance l'avocat. Rien, rien, rien, martèle-t-il.

Plusieurs magistrats ciblés

Le procureur avait déjà estimé que «ni l'information judiciaire, ni l'audience n'avaient permis d'établir la preuve de la culpabilité de M. Strauss-Kahn». Certains avocats de la partie civile avaient déjà renoncé à plaider contre l'ancien patron du FMI.

Pour la forme, Me Baulieu a méthodiquement démonté les arguments de l'instruction, pointant les incohérences dans les témoignages des principales accusatrices de son client.

Me Malka dénonce la «construction d'un édifice juridique en forme de pyramide, avec au sommet la notion d'instigation»: DSK devient proxénète parce que sa stature auprès de ses amis les pousse à organiser les rencontres où ils amènent des prostituées.

«C'est vertigineux de danger démocratique de considérer qu'un homme est coupable, non plus de ce qu'il fait mais de ce qu'il est», s'étrangle l'avocat.

Demande de relaxe pour DSK

De plus, dans ce dossier où les fuites dans la presse ont été pléthore, «il devient impossible de défendre normalement un homme», regrette-t-il encore.

Me Leclerc dénonce, lui, des «absurdités». Notamment le fait que les juges d'instruction ont estimé que le «profit» retiré par DSK venait du fait qu'il ne payait pas.

Reste l'«anathème» qui pèse sur leur client. «Il a une liberté sexuelle qui est la sienne, il a le droit», déclare Me Leclerc.

«Vous allez rendre une décision de relaxe», conclut l'avocat du haut de ses 60 ans de carrière juridique, «surtout pour notre justice».

Autre plaidoirie attendue

La journée s'est achevée avec notamment la défense de Béatrice Legrain et surtout de son compagnon Dominique Alderweireld, «Dodo la Saumure».

Son conseil Sorin Margulis craint qu'il ne soit condamné, lui le seul prévenu contre lequel une peine de prison ferme a été requise, «au seul motif qu'il sait ce qu'il est et ce qu'il fait», à savoir tenir des maisons closes en Belgique.

«Il n'a donné aucune instruction pour que ces personnes aillent se prostituer», insiste-t-il au sujet des jeunes femmes issues de ses établissements. Les plaidoiries se poursuivront jeudi. (ats)

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