Procès Batasuna: Les avocats endoctrinaient pour le compte de l'ETA
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Procès BatasunaLes avocats endoctrinaient pour le compte de l'ETA

Trois avocates qui devaient participer à un procès phare contre Batasuna, ont été arrêtées lundi juste avant son ouverture sous des accusations d'endoctrinement de prisonniers et de fraude fiscale.

Les membres et dirigeants présumés de Batasuna -- interdite en 2003 -- devaient être jugés jusqu'à fin juin, pour des activités politiques menées après l'interdiction de l'organisation, jusqu'en 2008.

Les membres et dirigeants présumés de Batasuna -- interdite en 2003 -- devaient être jugés jusqu'à fin juin, pour des activités politiques menées après l'interdiction de l'organisation, jusqu'en 2008.

Le ministère de l'Intérieur espagnol a déclaré lundi que les avocates arrêtées juste avant la suspension d'un procès de membres présumés de Batasuna avaient pour mission d'endoctriner les prisonniers pour l'organisation séparatiste basque ETA. Elles sont notamment accusées de fraude fiscale en 2012 et 2013, pour 1,3 million d'euros.

«Au cours de l'opération Mate, menée au Pays basque, en Navarre et à Madrid, douze membres du collectif des avocats de l'ETA et quatre de Herrira (organisation de soutien aux prisonniers) ont été arrêtés», a annoncé le ministère de l'Intérieur dans un communiqué.

Les personnes détenues sont accusées d'appartenance à une organisation terroriste, de fraude fiscale et de blanchiment, selon cette source.

Cette opération a entraîné le démantèlement du réseau de soutien financier au collectif d'avocats de l'ETA et «entraîne quasiment la disparition de la structure utilisée par l'ETA pour encadrer les prisonniers en tenant compte des directives de l'organisation», assure-t-on de même source.

Endoctrinement

Le collectif, appartenant au «front des prisons» de l'ETA «est une structure organisée et composée de juristes qui, profitant de la couverture offerte par leur activité professionnelle, exerçaient leurs fonctions en suivant les directives de la bande terroriste, mettant en avant ses intérêts avant ceux de leurs clients».

«Ils participaient activement à l'endoctrinement idéologique et informaient en permanence la direction de la bande sur la situation personnelle, juridique et sur l'engagement des prisonniers par rapport aux postulats» de l'ETA, indique un communiqué du ministère.

Selon le ministère les quatre personnes présentées comme les trésoriers de Herrira étaient notamment chargées de payer les avocats, selon le ministère. Les activités de cette organisation ont été suspendues par la justice.

Procès suspendu

Le procès des 35 militants présumés de Batasuna qui devait s'ouvrir lundi matin à Madrid «a été suspendu en conséquence de la détention de trois camarades», a déclaré à l'AFP l'avocate Jone Goirizelaia, membre de l'équipe de six avocats qui devaient assurer la défense des militants.

Parmi les avocats arrêtés figure Amaia Izco, qui défend Aurore Martin, l'une des deux Françaises qui devaient comparaître avec 33 militants espagnols.

L'organisation séparatiste basque ETA, créée en 1959, est rendue responsable de la mort 829 morts en 40 ans. Elle a renoncé en octobre 2011 à la violence. (ats)

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