Actualisé 18.12.2011 à 14:54

«Basler Zeitung»Les Bâlois se retirent de leur journal

Le changement de propriétaire ne ramène pas le calme à la «Basler Zeitung»: outre les protestations dans la rue, les Bâlois utilisent un autre moyen de pression: ils résilient leur abonnement.

La semaine passée, la «BaZ» a perdu plus de mille abonnements, confirme le controversé rédacteur en chef Markus Somm dans une interview au journal dominical alémanique «Sonntagsblick». Cette perte est brutale, regrette-t-il, ajoutant qu'il aimerait regagner chaque abonnement perdu, tout en admettant que ce sera très difficile.

Markus Somm dit toutefois pouvoir comprendre que beaucoup d'abonnés se sentent floués. Il avait déjà écrit dans l'édition de samedi que le manque d'explication claire de Christoph Blocher sur son engagement dans le journal était une faute.

Erreur commise

De son côté, Christoph Blocher explique au «Matin Dimanche» et dans la «SonntagsZeitung» que «l'objectif était de préserver une maison d'édition - pas seulement un journal - qui risquait d'être absorbée par un des grands groupes de presse suisses», précisant qu'il «a fait tout ce qu'il pouvait sans l'acheter directement».

Le financier tessinois Tito Tettamanti, propriétaire de la «BaZ» à travers sa holding MedienVielfalt, reconnaît dans le «Matin Dimanche» avoir «commis une erreur» lors du premier rachat de la «BaZ» en 2010. «Je n'ai pas dévoilé tout de suite l'intention que j'avais de tenir le journal et de laisser la partie industrielle (imprimerie) à Monsieur Blocher», ajoute-t-il.

La ligne que défend sa holding MedienVielfalt (diversité des médias) est «clairement libérale, même libertaire», décrit le nouveau propriétaire du journal bâlois.

Manifestation

Samedi, plusieurs centaines de personnes ont manifesté à Bâle pour protester contre les propriétaires de la «Basler Zeitung» et son rédacteur en chef, Markus Somm. Le rassemblement a eu lieu à l'appel du mouvement «Rettet Basel» (»Sauvez Bâle») créé en 2010 après l'arrivée de Christoph Blocher comme conseiller du groupe de presse.

La manifestation était soutenue notamment par les Verts et le PS des deux Bâles. Cette levée de boucliers faisait écho à divers articles parus samedi dans la «Baz» tentant de rassurer sur l'indépendance du journal.

Dans une interview, le nouveau président de la Baz-Holding, Filippo Leutenegger, affirmait que la «Baz» doit rester autonome. Un journal qui veut représenter l'ensemble de la région de Bâle doit vivre d'opinions différentes, de bonnes enquêtes et d'analyses intelligentes, a indiqué le conseiller national (PLR/ZH).

Qualifier la «Baz» de feuille de droite sur le simple fait que c'est la ligne de son rédacteur en chef n'est pas correct, estime-t- il. Markus Somm l'a du reste répété: «Ce journal n'est pas une feuille d'opinion et ne le deviendra jamais», a-t-il écrit dans son article intitulé «Clarifications sur une affaire pas claire».

Clause secrète

Les nouveaux propriétaires de la «Basler Zeitung» sont depuis mercredi un cercle d'actionnaires réunis autour de financier tessinois Tito Tettamanti qui avait déjà possédé brièvement le journal l'an dernier. Ils ont racheté le journal à la fille de Christoph Blocher, Rahel Blocher.

La révélation d'une close secrète donnant à Rahel Blocher le droit de récupérer les actions de Moritz Suter quand elle le souhaitait a précipité les événements. L'ancien patron de la compagnie Crossair a annoncé mardi qu'il revendait toutes ses participations dans le groupe à la fille du stratège de l'UDC. (ats)

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