Actualisé 14.01.2014 à 17:11

Brésil

Les banlieusards pillent les centres commerciaux

La multiplication des virées de jeunes des banlieues dans les centres commerciaux inquiètent les autorités brésiliennes.

Des rencontres, convoquées sur les réseaux sociaux, qui attirent des centaines de jeunes Brésiliens des banlieues dans les centres commerciaux et finissent souvent dans la confusion inquiètent autorités et commerçants, qui veulent les interdire.

Baptisées «rolezinhos» (virées ou descentes), ces réunions de jeunes de la périphérie qui peuvent difficilement s'acheter les articles en vente dans ces centres ont pour but de danser le «funk», de boire de la bière et de s'amuser dans ces espaces publics.

Ces «rolezinhos» ont fait leur apparition en décembre à Sao Paulo, mégapole et capitale économique du Brésil, et rappellent un peu les «flash mob» mais en plus désordonnés. Ils dégénèrent souvent en vols de boutiques et en affrontements avec les agents de sécurité et les policiers en faction dans les centres commerciaux.

Samedi, un millier de jeunes invités par le biais de Facebook sont arrivés dans centre commercial Metro Itaquera, à l'est de Sao Paulo, où les commerçants avaient obtenu une autorisation judiciaire pour empêcher ce «rolezinho» (voir vidéo ci-dessous). La police a utilisé des balles en caoutchouc et des gaz lacrymogènes pour disperser avec violence les jeunes, selon des images diffusées dans la presse.

Le gouverneur du parti d'opposition social-démocrate de l'Etat de Sao Paulo a déclaré que la police allait enquêter sur ces violences policières. Mais Geraldo Alckmin a souligné que la sécurité à l'intérieur des centres commerciaux était «privée».

Le maire de la ville, Fernando Haddad, du Parti des travailleurs (PT, au pouvoir) a déclaré de son côté que son administration avait l'intention d'augmenter et d'améliorer les aires de loisirs dans les quartiers pauvres.

Les centres commerciaux ont fait appel à la justice pour empêcher ces rencontres qui provoquent un sauve-qui-peut général. Le week-end dernier, dans celui du quartier aisé d'Iguatemi de Sao Paulo, une résolution judiciaire infligeait une amende de 4500 dollars (4100 francs) à quiconque participerait au «rolezinho».

«Nous appuyons cette mesure, ces tumultes finissent souvent en vols», a déclaré mardi à l'AFP une porte-parole de l'Association brésilienne des commerçants des Shoppings (Alshop).

Mais les organismes de défense des droits de l'Homme ont critiqué l'interdiction pour ces jeunes de circuler dans les centres commerciaux et ont appelé à une manifestation samedi à Iguatemi. Ils s'élèvent contre cette mesure qu'ils jugent «discriminatoire» contre «des jeunes noirs, pauvres et adeptes du funk», la musique des quartiers populaires.

En réaction a cette discrimination, d'autres villes comme Rio et Brasilia préparent des «rolezinhos». A Rio, il a été fixé à dimanche dans le shopping de Leblon, le quartier le plus chic de Rio. (afp)

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