Suisse: Les banques empruntent soudainement des milliards de dollars

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SuisseLes banques empruntent soudainement des milliards de dollars

Les établissements bancaires helvétiques viennent de se ruer sur la monnaie américaine. Du jamais vu depuis 2008. De quoi s’inquiéter?

par
Fabian Pöschl
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LMS

Mercredi, 17 banques suisses ont emprunté plus de 11 milliards de dollars au total à la Réserve fédérale américaine (FED) via la Banque nationale (BNS). Et elles avaient déjà amassé 9 milliards de dollars au cours des deux semaines précédentes.

Que se passe-t-il? Nous dirigeons-nous vers une crise financière similaire à celle de 2008, lorsque UBS a dû être sauvée? La Suisse est-elle à court d’argent, comme le suppose l’utilisateur greywolfcrypto sur TikTok? Nos explications.

Pourquoi les banques perçoivent-elles autant de dollars?

Interrogé par l’agence de presse Reuters, Huw Roberts, directeur du département d’analyse de Quant Insight à Londres, suppose que les problèmes de Credit Suisse sont à l’origine de l’augmentation de la demande suisse en dollars. On ne sait toutefois pas combien de ces milliards reviendront à cette banque.

Que dit Credit Suisse à ce sujet?

Interrogée, Credit Suisse n’a fait aucun commentaire. La BNS et l’Autorité de surveillance des marchés financiers ne s’expriment pas non plus. Maxime Botteron, économiste à Credit Suisse, écrivait pourtant il y a quelques jours déjà que le marché des devises, c’est-à-dire le commerce des monnaies étrangères, était devenu une source rentable pour les banques nationales en raison de l’évolution rapide des taux d’intérêt. Il n’y aurait donc pas de quoi craindre un problème de liquidités dans le système bancaire suisse.

Cette déclaration est-elle crédible?

L’économiste en chef de la société d’expertise financière BAK Economics Martin Eichler estime ne pas pouvoir dire à quel point cette activité est rentable pour les banques, «mais c’est certainement une bonne opportunité pour elles actuellement».

Les inquiétudes sont-elles donc infondées?

Selon Martin Eichler, oui. Il y aurait constamment des situations où certains critères indiquent une crise, mais tout dépendrait de la situation globale. «À d’autres niveaux, on ne voit pas de nouveaux signaux de stress, c’est pourquoi notre inquiétude n’a pas augmenté dans le secteur financier», explique-t-il.

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