Suisse: Les banques privées devront croître
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SuisseLes banques privées devront croître

Les banques privées suisses seront confrontées d'ici à 2022 au double défi de grandir tout en réduisant leurs coûts, selon une étude de KPMG et de l'Université de Saint-Gall.

Près de deux banques sondées sur trois estiment qu'elles devront en moyenne doubler leurs fonds sous gestion pour subsister à l'avenir.

La mise en oeuvre des nouvelles exigences réglementaires sera déterminante, souligne l'enquête du cabinet d'audit et de conseil KPMG et de l'Université de Saint-Gall (HSG) présentée mardi à Zurich. Mais la clé du succès pour les banques résidera aussi dans l'innovation et la révision de leur stratégie.

Les investissements dans la technologie figurent également au menu des priorités, selon Philipp Rickert, partenaire auprès de KPMG. Car selon lui, sur le plan technologique, les banques présentent un grand besoin de rattrapage en matière de service clientèle.

Les instituts interrogés jugent à l'unanimité que la simple réduction des coûts ne suffira pas à long terme et qu'ils devront plutôt repenser leur modèle d'affaires, y compris en termes de taille critique. Ainsi, la banque privée du futur devra compter au minimum quelque 10 milliards de francs d'actifs sous gestion.

La baisse des salaires dans la branche participera aussi de cette évolution. La majorité des 39 établissements bancaires sondés anticipent en effet que les rémunérations diminueront de 15% à 25%. Une minorité pense que le niveau des salaires se maintiendra, voire augmentera d'ici à 2022.

Echange automatique en vigueur

Quant aux opportunités de croissance, elles se trouvent avant tout à l'étranger, en dépit des coûts engendrés par la présence sur place, selon les résultats de l'enquête. Les participants citent en premier lieu les économies émergentes BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), le Moyen-Orient, Singapour et Hong Kong.

La plupart des banques entendent en outre se concentrer au cours des 10 prochaines années sur les clients disposant d'une fortune entre 1 million et 5 millions de francs. En revanche, 60% d'entre elles ont l'intention d'étoffer leurs activités avec la clientèle en Suisse.

Les données du client, d'ailleurs, feront l'objet d'une attention accrue, non seulement à des fins de conformité mais aussi pour mieux segmenter ses besoins, indiquent les participants. Ceux-ci anticipent d'ailleurs que l'échange automatique d'informations entrera en vigueur d'ici trois ans.

Huit établissements bancaires sur 10 déclarent avoir dû se retirer de certains marchés. Et la révision de la directive européenne concernant les marchés d'instruments financiers (Market in Financial Instruments Directive ou MiFID II) engendrera de nouveaux retraits. En effet, sa mise en oeuvre exige des banques d'un pays tiers qu'elles disposent d'une succursale dans l'Union Européenne. (ats)

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