Nouvelles mesures sanitaires – Les bars et clubs se préparent à refouler les non-vaccinés ou non-guéris
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Nouvelles mesures sanitairesLes bars et clubs se préparent à refouler les non-vaccinés ou non-guéris

Les milieux de la nuit se disent face à un non-choix car imposer le masque et la consommation assis reviendrait à devoir fermer, faute de clients. En revanche, la «règle des 2G» semble difficile à appliquer pour les spectacles. Réactions.

«On ne va pas assoir les clients dans une boîte de nuit ou les obliger à consommer assis, ce serait absurde. À défaut de fermer, autant ouvrir en appliquant la règle des 2G», réagit Igor Blaska, codirecteur du MAD à Lausanne. Selon les nouvelles mesures annoncées vendredi, par le Conseil fédéral, les établissements publics peuvent, dès lundi, être dispensés de l’obligation du port du masque ou de consommer assis, pour autant qu’ils limitent l’accès aux seuls clients vaccinés ou guéris, soit la règle des 2G (de l’allemand «geimpft oder genesen», vacciné ou guéri).

Si la boîte de nuit lausannoise se dit prête à refouler une partie de sa clientèle à l’entrée, Igor Blaska reconnaît que ce n’est pas la meilleure solution. «Cela revient à choisir entre la peste et le choléra, glisse-t-il. Le problème, c’est que même ceux qui commencent à se vacciner maintenant, ne pourront pas revenir avant 5-6 semaines, puisque c’est le temps minimum pour avoir la deuxième dose.»

Des données bien visibles

Pour pouvoir appliquer la règle des 2G, l’app de vérification du certificat Covid devra être adaptée, a précisé vendredi, le Conseil fédéral. Mais jusqu’au 13 décembre, les exploitants d’établissements ou les organisateurs d’événements devront vérifier manuellement si les personnes sont vaccinées ou guéries, en consultant les données personnelles de leurs clients.

La faitière GastroSuisse, elle, se réjouit de l’application de cette nouvelle mesure. Car une obligation pour les clients de rester sur leur chaise «aurait signifié de facto pour les restaurants, bars et clubs, une fermeture économique de la vie nocturne.» Dans un communiqué, GastroSuisse demande néanmoins à la Confédération de prolonger la procédure simplifiée relative à l'indemnité en cas de réduction de l'horaire de travail.

Du côté du collectif lausannois #Quivapayerl’addition, on réclame aussi des indemnisations. Car la part de clientèle non-vaccinée ou non-guérie est estimée à 30%, ce qui va entraîner des pertes considérables pour les établissements concernés. Dans un communiqué, il demande à la Confédération de «réactiver les cas de rigueur et d’annualiser les plafonds fédéraux qui n’ont pas été prévus pour une crise si longue», afin de compenser quelque peu ce manque à gagner.

«Pourquoi se priver des clients testés?»

En revanche, refouler les non-vaccinés ou non-guéris paraît «inapplicable» dans le milieu du spectacle. «Nous allons appliquer l'obligation de porter un masque pour tous. Nous voulons offrir à chaque client la possibilité de se rendre au cinéma», indique Jolanda Schönenberger, pour les cinémas Pathé Suisse. Même son de cloche chez Live Music Production: «On ne peut pas se priver de la clientèle testée, confie son directeur, Michael Drieberg. D’autant que c’est un message étrange de la part de la Confédération, sachant que l’on parle aussi de réinstaurer les tests de dépistage gratuits… Alors pourquoi se priverait-t-on de ce public-là?»

Dans la liste des nouvelles mesures, le programmateur d’événements culturels déplore aussi l’effet yoyo concernant les quarantaines. «Jeudi, on a dû annuler un concert de 6000 personnes à l’Arena de Genève parce que les artistes, venant d’Angleterre, n’avaient pas le temps de se mettre en quarantaine. Et aujourd’hui, on retire la mesure. Il faut savoir. On ne peut pas continuer longtemps comme ça, avec ces allers et retours», insiste Michael Drieberg.

Particularités genevoises

Genève ayant durci ses mesures lundi dernier, certaines des décisions annoncées ce vendredi, par le Conseil fédéral, ne pourront pas s’appliquer, la règle voulant que si un Canton va plus loin que la Confédération, c’est son plan sanitaire qui s’applique. Ainsi, les bars et les restaurants genevois n’auront pas à choisir s’ils veulent refouler leurs clients non vaccinés ou non guéris car l’obligation de consommer assis et d’y porter le masque fait partie des mesures prises par le Canton. En revanche, les clubs pourront l’envisager, mais craignent les conséquences. «Cela va être un choc pour le monde de la nuit, car beaucoup de jeunes ne sont pas vaccinés», s’inquiète Jean-Marc Humberset, patron du Moulin rouge et du Point Bar Club. «Environ 20% de notre clientèle a recours aux tests avant de venir. Ce changement va donc peser sur le chiffre d'affaires.»

(LVB/XFZ/MPO/JFZ)

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