Genève: Les batteries, incendiaires bien connues de la police
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GenèveLes batteries, incendiaires bien connues de la police

La brigade scientifique a l'habitude des sinistres ayant pour origine les accumulateurs au lithium. Les agents listent les causes d'explosion.

par
Jérôme Faas
Les batteries au lithium ont un très bon rapport taille/autonomie.

Les batteries au lithium ont un très bon rapport taille/autonomie.

Les soupçons des pompiers étaient fondés. Des batteries de vélo électrique au lithium étaient bien responsables des incendies du 27 juin à Lancy et du 12 septembre à Onex. Dans les deux cas, confirme la police, «elles ont brûlé ou explosé alors qu'elles avaient été mises en charge». Elle note en outre que depuis l'apparition de ces batteries qui trustent le marché, ses enquêteurs interviennent «trois ou quatre fois par an sur des incendies dont elles sont la cause».

Le nombre de sinistres liés à l'inflammation du lithium est sans doute plus élevé. La police scientifique précise ne se déplacer qu'à la demande des pompiers, s'ils doutent de l'origine du feu. «Et il existe certainement des cas qui n'engendrent que peu de dégâts et ne sont pas signalés par les particuliers.»

Chargeur, étanchéité, choc, température

Quatre causes peuvent provoquer l'explosion des batteries, énumèrent les agents: un chargeur pas d'origine (surcharge et surchauffe), un défaut d'étanchéité (réaction avec l'humidité), un violent choc provoquant un court-circuit et la température ambiante. Ces accumulateurs sont en effet susceptibles de s'enflammer dès 70 degrés.

«Le danger, acheter sur le net»

«Il ne faut jamais dissocier l'ensemble chargeur-batterie d'origine, appuie Pascal Vellas, de Bike Store. Le danger, c'est acheter sur le net, où la provenance est floue. L'électronique est capitale dans une batterie. Le bas de gamme, on ne devrait jamais. Quand on ouvre, c'est du bricolage. Et mon conseil, si on repère une fissure, est de changer de batterie tout de suite.»

Le contrôleur de charge souvent fautif

Une batterie au lithium est forcément inflammable, indique Hubert Girault, professeur au laboratoire d'électrochimie physique et analytique de l'EPFL. Selon lui, le contrôleur de charge est souvent l'élément fautif. Et tout court-circuit se produisant dans un accumulateur chargé provoque une mise à feu. Il juge difficile de détecter un éventuel court-circuit. "Peut-être peut-on conseiller de mettre un timer sur la prise pour limiter le temps de charge et les risques de surchauffe."

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