Coronavirus en Suisse: «Les besoins ont plus augmenté à Lausanne et Genève»
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Coronavirus en Suisse«Les besoins ont plus augmenté à Lausanne et Genève»

La faim a poussé plusieurs sans-papiers à se montrer. Ils sont moins visibles outre Sarine.

par
Jérôme Faas
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Samedi 9 mai, 1683 colis alimentaires ont été distribués à la patinoire des Vernets, à Genève.

Samedi 9 mai, 1683 colis alimentaires ont été distribués à la patinoire des Vernets, à Genève.

keystone-sda.ch
Ces 1683 colis n’ont pas suffi à satisfaire la demande.

Ces 1683 colis n’ont pas suffi à satisfaire la demande.

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Certaines personnes ont fait la queue plus de six heures pour obtenir leur sac alimentaire.

Certaines personnes ont fait la queue plus de six heures pour obtenir leur sac alimentaire.

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Des centaines de personnes faisant jusqu’à six heures pour l’un des 1683 colis alimentaires (qui n’ont pas suffi) offerts samedi à Genève: la scène a interloqué la Suisse alémanique. A Zurich, Bâle ou Berne, les distributions du type existent, mais n’attirent pas une telle foule. Pourquoi?


Bea Schwager, directrice du centre d’accueil pour sans-papiers de Zurich, juge dans le «Blick» que cette population, nombreuse dans les queues genevoises, «ne se montrerait pas comme ça» outre-Sarine, craignant la police. Selon elle, en Suisse romande, «la tolérance envers les migrants est plus grande», et les clandestins «ont moins de risque de se faire contrôler, arrêter et expulser».


L’élue nationale PS Ada Marra note une plus grande précarité en Suisse romande, les taux de chômage et de recours à l’aide sociale l’attestant. Elle souligne qu’en temps normal, les titulaires de permis B risquent de le perdre s’ils sollicitent une aide. Berne «a fait pression sur les cantons» pour qu’ils suppriment cette disposition durant l’épidémie, mais «cette volonté est peu connue en Suisse alémanique.»


Fabrice Boulé, porte-parole de Caritas, observe via les épiceries sociales que «les besoins ont augmenté partout, mais plus à Lausanne et Genève. Nous accueillons des gens qui gagnaient 400 ou 500 fr. par semaine et qui basculent dans l’urgence absolue.»

Milliers de bons

A Genève, samedi, les Colis du Coeur ont enregistré 662 nouveaux bénéficiaires. Ils s’ajoutent aux 7700 qui, la semaine passée, ont reçu un bon de 50 à 150 fr., selon la taille de la famille. «Il faut développer ces distributions directes pour éviter les queues», salue Ada Marra. L’élue note que seul Zurich a créé un fonds aidant les associations, les autres cantons misant sur les dons.

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