Cyclisme - Les bidons de la discorde 
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CyclismeLes bidons de la discorde

Depuis le 1er avril, l’UCI impose des «zones de délestage» pour le jet des déchets et bidons des coureurs. Une mesure qui ne fait pas l’unanimité autour du peloton.

par
Sylvain Bolt
(Thyon 2000)
Les zones de délestage, ici à Saillon lors de la 1ère étape du Tour de Romandie, sont devenues le paradis des amateurs de cyclisme. 

Les zones de délestage, ici à Saillon lors de la 1ère étape du Tour de Romandie, sont devenues le paradis des amateurs de cyclisme.

François Melillo

Les gamins qui se ruent au bord des routes pour ramasser le bidon de Chris Froome. Ces déchets qui jonchent le sol après le passage du peloton. Tout cela est quasi terminé. Depuis le 1er avril, l’UCI a mis en place des zones de délestage.

Sur le Tour de Romandie, les organisateurs ont dû prévoir quatre à cinq de ces «déchetteries autorisées» sur chaque étape. Les coureurs sont obligés de se débarrasser de leurs bidons et de leurs déchets dans ces zones de collecte tous les 30 ou 40 km, sous peine d’être amendés, voire exclus du tour.

La mésaventure était arrivée à Michael Schär lors du dernier Tour des Flandres. Le Suisse avait été exclu de l’épreuve après avoir jeté son bidon hors de la zone prévue. Il avait alors expliqué dans une publication sur ses réseaux sociaux que le bidon d’un pro, qu’il avait récolté sur le Tour de France, lui avait donné envie de faire du cyclisme.

Depuis cet événement, l’UCI a assoupli ses sanctions. Sur une course d’un jour, le fautif est puni d’une amende (environ 500 francs suisses) et d’une perte de points. Avant l’exclusion, en cas de récidive. Lors d’une épreuve par étapes, le coureur est d’abord amendé et perd des points, puis est pénalisé d’une minute avant d’être exclu du tour.

«C’est une belle connerie! On ne va pas tarder à avoir des chutes»

Simon Pellaud, cycliste de l’équipe nationale Swiss Cycling

«C’est une belle connerie! Quand on arrive dans ces zones de délestage, c’est vraiment dangereux. Les bidons roulent dans tous les sens. On ne va pas tarder à avoir des chutes. Personnellement, je n’ai jamais jeté un papier par terre ni envoyé un bidon dans une forêt. Visiblement, plusieurs cyclistes ne respectaient pas mes idéaux. On paie tous pour quelques idiots.»

«C’est un progrès dans le monde du cyclisme de s’intéresser à l’environnement»

Cyrille Thièry, cycliste de l’équipe nationale Swiss Cycling

«Je pense que c’est un gros progrès dans le monde du cyclisme de s’intéresser à l’environnement. On avance. C’est une bonne chose d’avoir une zone délimitée pour que ce soit clair pour tout le monde.»

«Une question d’éducation et de bon sens»

Johann Tschopp, ancien coureur cycliste

«C’est une bonne chose de mettre des règles et de ne pas jeter les bidons n’importe où. Mais les coureurs ne peuvent pas toujours les jeter à des endroits précis. À mon avis, il faut trouver un équilibre et les cyclistes devraient également pouvoir jeter leurs bidons lorsqu’il y a des spectateurs. Quand j’étais coureur, j’essayais toujours de lancer une gourde dans des zones où je voyais des enfants. C’est une question d’éducation et de bon sens.»

«Les bidons et les déchets, ça se balançait n’importe où, ou presque»

Daniel Atienza, ancien coureur

«Les bidons et les déchets, ça se balançait n’importe où, ou presque, à mon époque. L’aspect écologique était bien moindre que maintenant. Certains coureurs du peloton faisaient toutefois déjà attention et j’en faisais partie quand je le pouvais. Quand je n’y arrivais pas, une fois notamment, j’avais été vertement remis en place par mon coéquipier Bingen Fernandez. Lui, il avait déjà la fibre verte et c’était alors un précurseur. Il se fâchait tout rouge dès qu’il y avait un papier par terre! Il sensibilisait aussi le peloton à cet aspect. Mais on en avait nettement moins conscience qu’aujourd’hui. Ces zones de délestage sont une très bonne chose, nécessaire.»

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