Transports publics: Les billets augmenteront chaque année
Actualisé

Transports publicsLes billets augmenteront chaque année

Les CFF étudie des mesures tarifaires pour désengorger le trafic aux heures de pointe. Les seniors sont notamment visés.

Les voyageurs doivent s'attendre à ce que le prix des billets de train augmente chaque année, selon le directeur des CFF Andreas Meyer. L'augmentation annuelle du prix des billets pourrait être «d'environ 3%, même s'il est difficile d'estimer ce pourcentage à l'avance», déclare Andreas Meyer dans une interview publiée par «Le Matin Dimanche».

Les CFF sont obligés d'adapter leurs tarifs, car d'ici 2030 ils devront débourser 20 milliards de francs de leur poche pour l'augmentation du matériel roulant, explique M. Meyer. En outre, les résultats de l'exercice 2010 seront sûrement moins bons que ceux de l'an passé.

Les CFF décident des éventuelles hausses de tarifs année après année avec leurs 170 partenaires de l'Union des transports publics (UTP), relève le directeur de l'ex-régie. Pour rappel, l'augmentation globale des tarifs sera de 5,9% dès le 1er décembre. Le prix des billets et abonnements de parcours croîtra lui de 2,4%.

Suppresion du tarif AVS aux heures de pointe

Les CFF continuent par ailleurs d'étudier des mesures tarifaires pour désengorger le trafic aux moments les plus chargés de la journée. Ils envisagent par exemple d'inciter les retraités à éviter les heures de pointe, en ne leur accordant le tarif AVS plus qu'à partir de 09h00.

Cette mesure, déjà introduite par la communauté tarifaire vaudoise Mobilis, pourrait être généralisée au niveau national. «C'est une piste de réflexion possible pour l'UTP dans le cadre de la refonte du système tarifaire», a dit M. Meyer. Mais il faut une volonté politique et des mesures de ce type pourraient être introduites «au plus tôt dans cinq ans», précise-t-il dans la «NZZ am Sonntag».

«Il faut se rendre compte que le problème des goulets d'étranglement et des heures de pointe nécessite des milliards d'investissements pour seulement quatre heures problématiques par jour», argumente-t-il.

Et d'ajouter que répartir les voyageurs dans la journée et diminuer les concentrations aux heures de pointe est aussi à leur avantage du point de vue du confort et sur le plan financier.

Pour les retraités, la mobilité fait bien sûr partie de leur qualité de vie, reconnaît le directeur des CFF. Mais «la génération qui travaille aujourd'hui porte le poids de l'assainissement des caisses de pensions, tandis que les retraités profitent de prix favorables. Est-ce juste de prolonger ces avantages?», demande Andreas Meyer.

Mesure critiquée

Les organisations de personnes âgées n'apprécient guère cette proposition. «On commence par des tarifs différenciés et on finit avec la fin de la solidarité», réagit Judith Bucher, porte-parole de Pro Senectute, dans «Le Matin Dimanche». Selon elle, «il est toujours dangereux de jouer une génération contre l'autre, comme le fait M. Meyer».

Et la porte-parole de relever que tous les aînés ne sont pas riches: 12% ont besoin de prestations complémentaires et, malgré cela, 3 à 4% restent pauvres.

Le président du PDC Christophe Darbellay note pour sa part, également dans le journal dominical, que les retraités sont très actifs dans les gardes familiales et ne voyagent pas uniquement pour les loisirs. «Ce qu'il faut, c'est instaurer des bonus pour les heures creuses, et non imposer des malus pour les heures pleines».

Autres idées

Le patron de l'ex-régie évoque aussi d'autres pistes allant dans le même sens: par exemple limiter la validité des cartes journalières pour inciter les passagers non-pendulaires à éviter les heures de pointe. «L'adaptation des horaires des entreprises représente une autre solution, comme l'ont fait l'EPFL et l'Université de Lausanne», note Andreas Meyer.

La conseillère d'Etat bernoise Barbara Egger-Jenzer a quant à elle proposé récemment de retarder le début des cours dans certaines écoles du canton. La question est à l'étude, relevait la socialiste. (ats)

Ton opinion