Myanmar - Les Birmans supplient le Conseil de sécurité d’intervenir
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MyanmarLes Birmans supplient le Conseil de sécurité d’intervenir

Les appels à une intervention de l’ONU se sont multipliés samedi. La veille, la répression de la junte birmane avait fait au moins 80 morts.

Samedi, des manifestants ont jeté dans les rues du centre de Rangoun de la peinture écarlate et des tracts dans le cadre d’une initiative nommée «Mouvement rouge», pour protester contre la répression de la junte.

Samedi, des manifestants ont jeté dans les rues du centre de Rangoun de la peinture écarlate et des tracts dans le cadre d’une initiative nommée «Mouvement rouge», pour protester contre la répression de la junte.

AFP/ANONYMOUS SOURCE

Des opposants au putsch en Birmanie ont maculé de peinture rouge samedi des rues à Rangoun pour dénoncer la féroce répression des forces de sécurité qui a fait la veille au moins 80 morts à Bago, au nord-est de la capitale économique du pays. Des affrontements se sont aussi produits à l’est et dans le Nord.

Le Conseil de sécurité de l’ONU a été supplié d’agir par des civils birmans et l’ambassadeur birman aux Nations Unies, Kyaw Moe Tun. Limogé par la junte mais toujours en fonction, celui-ci a imploré: «S’il vous plaît, s’il vous plaît, passez à l’action.»

Le diplomate a réclamé une «zone d’exclusion aérienne» pour contrer les raids du régime contre des minorités, avec des sanctions contre la junte et un embargo sur les armes.

«Une journée de terreur et de déshonneur» (27 mars)

«Nous craignons des représailles»

Des affrontements avec l’armée ont éclaté samedi dans la ville de Tamu (nord-ouest), près de la frontière avec l’Inde lorsque des soldats sont intervenus pour démanteler des barricades. L’armée a tiré à balles réelles, tuant deux civils, selon une femme témoin de ces exactions.

Des manifestants ont riposté en lançant un engin explosif dans un camion de l’armée et tuant une douzaine de soldats, d’après la même source. «Nous craignons maintenant des représailles», a déclaré cette femme, en ajoutant que les habitants de Tamu se battaient «pour en finir avec la dictature».

Des manifestants inertes trainés dans une rue recouverte de sang (3 mars)

Les violences ont gagné aussi samedi l’État Shan (nord) où l’Armée de Libération Nationale Ta’ang (TNLA) a attaqué un commissariat, selon le brigadier général de la TNLA Tar Bhone Kyaw. Une douzaine de policiers ont été tués dans cette opération, les rebelles mettant le feu au commissariat, ont affirmé des médias locaux. L’armée a riposté avec des frappes aériennes, tuant au moins un rebelle, selon la TNLA.

Parallèlement, la condamnation à la peine capitale de 19 personnes en Birmanie pour des faits de droit commun – dont 17 par contumace – une première depuis le coup d’État du 1er février, a été dénoncée samedi par l’ONG Human Rights Watch (HRW).

Ces personnes ont été condamnées par une Cour martiale pour vol ou meurtres après des arrestations dans le bidonville d’Okkalapa Nord (banlieue de Rangoun), selon des médias locaux.

Retour plus de trente ans en arrière

«Les militaires sont prêts à retourner au temps où des personnes étaient exécutées en Birmanie», soit plus de trente ans en arrière, a déclaré Phil Robertson, directeur adjoint du département Asie d’HRW.

La ministre norvégienne des Affaires étrangères Ine Eriksen Soreide a exhorté la Birmanie dans un tweet «de ne pas exécuter ces sentences, de faire cesser la violence et de permettre à l’envoyée de l’ONU de se rendre sur place».

L’émissaire de l’ONU pour la Birmanie, Christine Schraner Burgener, a débuté vendredi en Thaïlande une tournée asiatique qui doit la conduire aussi en Chine et dans des pays de l’Asean (Association des nations de l’Asie du Sud-Est) qui devrait tenir le 20 avril à Jakarta un sommet d’urgence. La Birmanie, elle, continue de refuser de l’accueillir.

Samedi, des manifestants ont jeté dans les rues du centre de Rangoun, près de la pagode Shwedagon, de la peinture écarlate et des tracts dans le cadre d’une initiative nommée «Mouvement rouge». «Montrons que nous ne permettrons pas au régime dictatorial de nous gouverner», a lancé un étudiant sur Facebook.

Cadavres empilés dans des camions

Des détails ont filtré samedi sur la journée de violences la veille à Bago (65 km au nord-est de Rangoun) qui a poussé des habitants à se réfugier dans des villages voisins.

«Plus de 80 manifestants contre le coup d’État ont été tués par les forces de sécurité à Bago vendredi», a déclaré samedi soir l’Association d’aide aux prisonniers politiques (AAPP).

Les forces de l’ordre ont empêché les secouristes de récupérer les corps, a déclaré un habitant. «Ils ont empilé tous les cadavres, les ont chargés dans leur camion militaire et les ont emportés», a-t-il dit, précisant que les autorités ont ensuite arrêté des gens alentour.

Depuis le coup d’État militaire du 1er février qui a renversé le gouvernement civil d’Aung San Suu Kyi, la Birmanie est secouée par des manifestations dans lesquelles au moins 618 civils ont été tués, selon l’AAPP. La junte qualifie les victimes de «terroristes» et comptabilise 248 morts depuis le 1er février.

(AFP)

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