Cambodge: Les bistrots bobo-chic pullulent à Phnom Penh

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CambodgeLes bistrots bobo-chic pullulent à Phnom Penh

Avec la poussée du tourisme, les cuisiniers de renom arrivent du monde entier. Pour le plus grand bonheur des papilles cambodgiennes, habituées à une gastronomie homogène.

par
Sarah Zeines
Les restaurants gastronomiques sont encore une nouveauté pour les Cambodgiens.

Les restaurants gastronomiques sont encore une nouveauté pour les Cambodgiens.

Phnom Penh est le nouveau «place to be», note le «New York Times». Pourtant, rien ne l'y prédestinait. Il y a une dizaine d'années encore, le Cambodge ne pouvait être évoqué sans connotation négative: détruit par la guerre et délaissé des circuits touristiques, le pays ne connaissait pas une très grande richesse commerciale. Mais les temps ont bien changé et les bistrots branchés poussent comme des champignons dans la désormais populaire capitale asiatique.

Aventure accessible

A commencer par le bar de George et William Norbert-Munns. Les deux partenaires néo-zélandais ouvriront leur quatrième établissement, Meat & Drink, d'ici le 20 février. Au menu? Des sandwichs raffinés et de la bière.

Aujourd'hui, les bistrots offrent un niveau de style qui surprend bon nombre de voyageurs, qui s'attendent à voir une ville davantage affectée par la guerre. «Lorsque je suis venu pour la première fois en 2009, j'ai senti le potentiel», assure Antonio Lopez de Haro, 29 ans, Vénézuélien propriétaire du Tepui, un bar-restaurant au menu éclectique, avec des saveurs d'Asie comme d'Amérique latine. Sans oublier Deco, géré par un Anglais, sert de la cuisine européenne classique, comme le saumon ou canard à la sauce aux pruneaux.

Rivalité de taille

Parmi les nouveaux arrivés, on retrouve le Common Tiger, qui pousse le raffinement à son paroxysme. Timothy Bruyns, 32 ans, réinvente les saveurs cambodgiennes avec sa gastronomie moléculaire. Les clients peuvent ainsi goûter du poisson local avec une croûte au citron et cacahuètes ou une crème brûlée aux champignons. Tout comme au Duck, un bistrot minimaliste typique des grandes métropoles asiatiques, les pâtes et les steaks rivalisent avec ceux des meilleurs restaurants du Vieux Continent.

Pays en développement

Entamer une telle aventure semblerait impossible dans la majorité des villes du monde. Mais le développement de Phnom Penh est en plein boom. La construction des gratte-ciel et l'amélioration des infrastructures créent un environnement idéal pour des petits commerces détenus par des étrangers. «Il y avait tellement de trous dans le marché pour quelque chose d'un peu différent, d'un peu exotique», analyse George Norbert-Munns. En effet, jusqu'à récemment, les principaux produits à disposition étaient bien sûr asiatiques, hormis quelques rares restaurants français (des vestiges du passé colonial de la ville) et des vendeurs de burgers ou pizzas. Les établissements nocturnes, quant à eux, se limitaient aux bars des hôtels et quelques sordides salles servant de l'alcool bon marché.

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