Actualisé 13.02.2009 à 15:12

Rugby

Les Bleus soucieux de rachat face à l'Ecosse

Après un mauvais départ samedi dernier en Irlande (21-30), le XV de France a la ferme intention de se reprendre à l'occasion de son deuxième match du Tournoi des Six Nations samedi (16h) au Stade de France face à l'Ecosse

Après la première journée, la France pointe à 4e place avec zéro point tout comme l'Ecosse et l'Italie qui la suivent au classement. Elle a surtout deux longueurs de retard sur le trio Angleterre, Galles, Irlande, les vainqueurs de la première manche.

Ce week-end les deux premiers s'affronteront à Cardiff alors que l'Irlande espère continuer sur sa lancée en se rendant en Italie.

Adepte du jeu de mouvement, l'encadrement tricolore s'était dit déçu du manque d'initiative de son groupe lors du dernier match de la tournée d'automne face à l'Australie (13-18). Pour préparer le match contre l'Irlande ils avaient mis en avant la notion de jeu. Trop sans doute, car à Croke Park les Bleus ont été absents des phases de combat comme jamais sous l'ère de Marc Lièvremont, leur entraîneur depuis fin 2007.

«Nous ne trouverez pas beaucoup de joueurs contents de leur match en Irlande. On avait à coeur de passer par du combat et on est passé à travers. Cela donne envie de se racheter», note le troisième ligne centre Imanol Harinordoquy, auteur du premier des deux essais français à Dublin.

La semaine écoulée a été très studieuse. Marc Lièvremont qui avait depuis un an renoncé aux entraînements avec opposition pour ne pas risquer de blesser des joueurs, les a remis au goût du jour à la demande de son groupe. «On dit souvent «on joue comme en s'entraîne» mais il faut surtout dire «on s'entraîne comme on joue»», commente le centre Benoît Baby. Promu à la place de Florian Fritz suspendu pour trois semaines, le Clermontois sera le seul élément de la ligne des trois quarts n'évoluant pas au Stade Toulousain. Il en sait toutefois tous les codes puisqu'il était Toulousain avant de rejoindre l'Auvergne.

Ce mélange de vexation et de sentiment de culpabilité est propice à garder les Bleus en éveil alors que l'ordinaire des Ecossais inciterait plutôt au relâchement. Corrigé à domicile par Galles, le week-end dernier (13-26), le XV du Chardon n'a plus gagné au Stade de France depuis 1999.

«Le contexte de ce match doit nous prémunir contre une nouvelle humiliation mais j'ai beaucoup de méfiance face à cette équipe écossaise vexée et décomplexée», indique Lièvremont.

Pour rajouter une couche de motivation, l'encadrement français a remis sur le tapis la récente défaite de Toulouse à domicile face aux Glasgow Warriors. «On compte aussi la-dessus», glisse Emile Ntamack (26-33) à l'adresse des six Toulousains titulaires samedi.

Frank Hadden, le sélectionneur écossais, y a pensé également. En procédant à cinq changements par rapport à l'équipe battue par le pays de Galles, il a réuni sous le maillot écossais les frères Mark et Thom Evans, deux des tombeurs des Toulousains.

A Saint-Denis, la France alignera un cinq de devant remanié avec le rappel de Romain Millo-Chluski à la place de Sébastien Chabal pour donner plus de densité dans les phases de conquête. Inchangée la troisième ligne privilégie la vélocité à la puissance pour mieux contrer une formation écossaise capable de créer la confusion dans les espaces pour peu que l'adversaire les lui laisse.

«L'important c'est de gagner», prévient Harinordoquy. «Moi je préfère faire un match pas beau mais gagner. Samedi je pense, qu'au moins en première mi-temps, on va chercher à se rassurer».

Derrière l'Ecosse se profile la visite de Galles le 27 février. Le tenant du titre se teste en recevant l'Angleterre samedi. En cas de victoire, il déboulerait à Paris lancé à plein régime sur la route d'un deuxième Grand Chelem consécutif.

Le passage de l'Ecosse servira donc aussi d'ultime répétition pour la sélection tricolore et en particulier son jeu offensif généreux mais inefficace à Dublin.

«Cela fait rager de réussir autant de franchissements sans parvenir à conclure», assure l'arrière Clément Poitrenaud. A Dublin on a eu la volonté et cela s'est positif. Il faut le garder en y rajoutant plus de tronche pour finir les actions». (ap)

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