Proche-Orient: Les bombardements israéliens frappent un complexe de l'ONU

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Proche-OrientLes bombardements israéliens frappent un complexe de l'ONU

L'armée israélienne a violemment bombardé jeudi Gaza, touchant un complexe de l'ONU, un bâtiment de presse et un hôpital.

Ces frappes ont suscité une vague d'indignation dans le monde alors que, sur le plan diplomatique, les discussions s'intensifient pour arracher un cessez-le-feu.

Les obus de chars israéliens ont endommagé le bâtiment de l'UNRWA, la principale agence de l'ONU d'aide aux réfugiés palestiniens, et trois employés ont été blessés, a indiqué un porte-parole de l'agence. Le complexe abritait environ 700 Palestiniens.

Suite à ce bombardement, plusieurs entrepôts de l'UNRWA étaient en feu, des dizaines de tonnes d'aide humanitaire disparaissant sous les flammes. L'agence onusienne, qui estime les pertes à des dizaines de millions de dollars, a décidé de suspendre une partie de ses opérations à Gaza-ville.

Son directeur, John Ging, a affirmé que le sinistre avait été provoqué par des bombes au phosphore tirées par l'armée israélienne.

Excuses d'Olmert

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, arrivé en Israël dans le cadre d'une tournée régionale, s'est immédiatement dit «scandalisé» par ce bombardement.

En le recevant, le premier ministre israélien Ehud Olmert a affirmé qu'Israël avait riposté à des tirs du Hamas en provenance du complexe de l'ONU. Il lui a toutefois exprimé ses regrets.

Le premier ministre britannique Gordon Brown a lui condamné un bombardement «indéfendable» et «inacceptable» alors que le commissaire européen à l'aide humanitaire Louis Michel s'est dit «choqué» et «consterné».

Médias touchés

Les attaques israéliennes ont aussi touché un immeuble à Gaza abritant les bureaux de plusieurs médias arabes et internationaux. Deux cameramen palestiniens de la télévision arabe d'Abou Dhabi ont été blessés.

En outre, un incendie s'est déclaré à l'hôpital Al-Quds relevant du Croissant-Rouge palestinien, touché par des obus, provoquant des scènes de terreur dans l'établissement. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a vivement réagi. Il est inacceptable que la vie de blessés soignés dans des hôpitaux soit mise en danger, a indiqué l'organisation.

Quelques heures plus tôt, les chars, appuyés par l'aviation, avaient avancé sur plusieurs centaines de mètres dans Tal Al-Hawa, un quartier périphérique de Gaza-ville. Ils y ont affronté des combattants palestiniens tirant au mortier et à la roquette antichar.

Une colonne de blindés a pris position dans un parc public du centre du quartier, forçant des centaines de familles palestiniennes à fuir les lieux.

1090 Palestiniens tués

Au moins 40 Palestiniens ont été tués par des raids et des tirs israéliens jeudi, selon des sources médicales. L'un des chefs du Hamas, Saïd Siam, ministre de l'intérieur, figure parmi les victimes, a confirmé la télévision du mouvement palestinien.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, la bande de Gaza avait déjà été la cible de violents bombardements, les plus intenses depuis le début de l'offensive, le 27 décembre, selon des habitants.

Les tirs de roquettes à partir de Gaza ont également continué. Selon l'armée israélienne, 25 engins sont tombés sur le sud de l'Etat hébreu, faisant cinq blessés à Beersheva, à 40 km de Gaza, dont un grièvement atteint.

Depuis le 27 décembre, 1090 Palestiniens ont été tués, dont 355 enfants et 100 femmes, et plus de 5000 blessés, selon un dernier bilan des services d'urgence à Gaza. Durant cette période, dix militaires et trois civils israéliens ont péri.

Gilad en Egypte

Au niveau diplomatique, les efforts s'accélèrent: le négociateur israélien Amos Gilad s'est rendu en Egypte où il a discuté dans l'après-midi avec le chef des services de renseignements égyptiens, le général Omar Souleimane, d'un plan de cessez-le-feu.

M. Gilad devait rendre compte de ses entretiens dans la soirée au cabinet de M. Olmert. L'Egypte, qui joue les intermédiaires entre Israël et le Hamas, a affirmé avoir obtenu l'aval du mouvement islamiste à son plan. Mais ce dernier n'a rien confirmé.

A New York, le président de l'Assemblée générale de l'ONU, Miguel d'Escoto, a accusé jeudi soir Israël de violer le droit international. (ats)

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