Actualisé 07.04.2017 à 13:26

Frappes américaines en SyrieLes bombes américaines auraient tué neuf civils

La base aérienne syrienne frappée par des missiles de croisière américains dans la nuit de jeudi à vendredi a été le point de départ des avions qui ont mené l'attaque chimique attribuée au régime syrien, selon le Pentagone.

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Au moins quatre soldats syriens ont été tués vendredi par les frappes américaines en Syrie.

Au moins quatre soldats syriens ont été tués vendredi par les frappes américaines en Syrie.

AP/Robert S. Price
Elles ont également «détruit presque totalement» la base aérienne du régime qui était visée, rapporte l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Elles ont également «détruit presque totalement» la base aérienne du régime qui était visée, rapporte l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

/U.s. Navy
Donald Trump a déclenché des frappes contre la Syrie en riposte à une attaque chimique présumée imputée à Damas, qui a fait des dizaines de morts mardi. Le bombardement a eu lieu peu après un nouvel échec du Conseil de sécurité à se mettre d'accord.

Donald Trump a déclenché des frappes contre la Syrie en riposte à une attaque chimique présumée imputée à Damas, qui a fait des dizaines de morts mardi. Le bombardement a eu lieu peu après un nouvel échec du Conseil de sécurité à se mettre d'accord.

/U.s. Navy

Neuf civils dont quatre enfants auraient péri dans les frappes américaines qui ont visé une base militaire du régime en Syrie, a annoncé vendredi l'agence officielle Sana.

«L'agression américaine a provoqué la mort de neuf civils, dont quatre enfants, fait sept blessés et provoqué d'importantes destructions dans les maisons des villages d'Al-Chaayrate, Al-Hamrate et Al-Manzoul», proches de la base visée, a indiqué l'agence.

Petites victimes

Selon la Sana, cinq civils -dont trois enfants- ont été tués dans le village d'Al-Chaayrate, situé à côté de la base militaire éponyme.

Les quatre autres civils -dont un enfant- ont été tués dans le village d'Al-Hamrate par un «missile américain», et sept personnes ont été blessées par un autre missile dans celui d'Al-Manzoul, d'après Sana.

L'armée syrienne avait indiqué plus tôt que six personnes avaient été tuées dans la base, sans spécifier s'il s'agissait de victimes civiles et/ou militaires.

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a fait état pour sa part d'un bilan de sept soldats syriens tués.

Près de 60 missiles

Washington a indiqué avoir tiré 59 missiles de croisière sur la base militaire aérienne d'Al-Chaayrate (centre) en réponse à une attaque chimique présumée imputée par le président américain Donald Trump au «dictateur Bachar al-Assad».

Selon les Etats-Unis, c'est de la base d'Al-Chaayrate qu'avaient été menée mardi cette attaque chimique présumée, qui a fait au moins 86 morts dans une petite ville du nord-ouest de la Syrie contrôlée par des rebelles et des jihadistes.

Rappel des faits

En quelques entrées, voici ce qui s'est passé dans la nuit de jeudi à vendredi en Syrie, où la base aérienne de Shayrat a été bombardée par les Etats-Unis.

59 missiles

La base d'al-Chaayrate, dans la province centrale de Homs, a été frappée vers 00h40 GMT par 59 missiles Tomahawk tirés par les navires américains USS Porter et USS Ross, qui se trouvaient en Méditerranée orientale.

Selon le Pentagone, les services de renseignement américains ont établi que les avions qui ont mené l'attaque chimique contre la localité de Khan Cheikhoun étaient partis de cette base.

La base était connue comme un lieu de stockage d'armes chimiques avant 2013 et le démantèlement de l'arsenal chimique syrien, a indiqué le capitaine de vaisseau Jeff Davis, un porte-parole du Pentagone.

Les Etats-Unis bombardent une base militaire

Les Etats-Unis ont frappé jeudi une base aérienne syrienne en réponse à l'attaque chimique attribuée au régime de Bachar al-Assad.

Avions détruits

Les premières évaluations du bombardement montre qu'il a «gravement endommagé ou détruit des avions» et des infrastructures de la base, «diminuant la capacité du gouvernement syrien à mener des frappes».

Les missiles Tomahawk visaient notamment «des hangars aériens renforcés», des stockages de pétrole, de munitions, des défenses anti-aériennes, des radars.

La piste elle-même n'a pas été visée, a déclaré le capitaine Davis.

L'armée syrienne a fait état de «six morts, des blessés et d'importants dégâts matériels», sans préciser si les victimes étaient des militaires ou des civils.

La télévision syrienne de son côté a évoqué «des pertes» dans le personnel syrien de la base.

Selon le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane, l'aéroport «a été presque totalement détruit: les avions, le tarmac, le dépôt de fuel et le bâtiment de la défense aérienne ont été pulvérisés».

Le général H.R McMaster, le conseiller à la sécurité nationale du président Trump, a affirmé de son côté que les Américains avaient évité de frapper un endroit «où nous pensons qu'il y a du gaz sarin stocké».

«Nous ne voulions pas créer un danger pour des civils ou pour quiconque», a-t-il dit.

Les Russes prévenus

Le capitaine Davis a affirmé que «toutes les précautions avaient été prises pour exécuter la frappe avec un minimum de risques» pour le personnel présent sur la base et notamment les Russes qui s'y trouvaient.

La frappe «n'était pas faite pour viser des gens», a-t-il dit.

Selon lui, les Russes ont été prévenus à l'avance de la frappe via la ligne de communication spéciale mise en place par les militaires américains et russes depuis l'automne 2015 pour éviter tout incident aérien entre leurs avions respectifs dans le ciel syrien.

Il y a eu de «multiples conversations» avec les Russes jeudi via la ligne spéciale, a-t-il dit. Le porte-parole a indiqué que les militaires américains connaissaient «l'endroit précis» de la base utilisé par les militaires russes, a-t-il précisé.

«Une réponse proportionnée»

Le porte-parole américain a laissé entendre que la frappe n'avait pas vocation à être répétée.

«Il s'agissait d'une réponse proportionnée» à l'attaque de Khan Cheikhoun, destinée à «dissuader le régime d'utiliser des armes chimiques à nouveau».

«Ce sera le choix du régime s'il y en a d'autres (bombardements), cela se décidera sur la base de leur comportement à venir», a-t-il dit. (afp)

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