Suisse: Les bonbons de La Poste agacent la FRC
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SuisseLes bonbons de La Poste agacent la FRC

Selon la Fédération romande des consommateurs (FRC), le géant jaune continue de vendre des sucreries dans la majorité de ses offices, alors même qu'il s'était engagé en 2012 à débarrasser ses rayons de ces douceurs.

«La FRC a écrit à l'ex-régie fédérale lui demandant de mettre son énergie dans l'amélioration de ses prestations plutôt que de jouer les mauvais confiseurs», annonce-t-elle très remontée dans un communiqué diffusé jeudi.

Sur 74 offices postaux recensés, dont 38 en Suisse romande, 72 «continuent d'appâter les enfants avec des sucreries, pendant que les parents sont des clients captifs», constate l«Alliance des organisations de consommateurs (regroupant outre la FRC, ses pendants alémanique SKS et tessinois ACSI). Au total, La Poste dispose de près de 1600 bureaux dans toute la Suisse.

A l'exception des deux petits bureaux de Venthône (VS) et de Vuadens (FR), tous les bureaux visités sont «largement» pourvus en sucreries, présentées à la clientèle sur deux à quatre rayons en moyenne. Le plus grand office du panel, situé à Lausanne, en dispose même de sept.

500 millions par an

Que La Poste diversifie son offre en proposant par exemple des articles de papeterie, des livres ou des gadgets folkloriques est compréhensible, estime la FRC. Ce d'autant plus que, selon Nathalie Dérobert Fellay, porte-parole de La Poste, le fonctionnement du réseau d'offices de poste engendre un déficit annuel d'environ 100 millions de francs.

Et la porte-parole de citer notamment la baisse du volume des lettres (-65% en dix ans), des colis (- 47%)et des versements aux guichets (-31%).

Un manque qui doit donc être comblé «à moyen ou à long terme» par exemple par la vente de produits tiers. A plus forte raison, qu'elle rapporte un chiffre d'affaires d'environ 500 millions de francs par an, précise la porte-parole.

«Soit», rétorque la FRC. En revanche, la stratégie commerciale visant spécifiquement les enfants est «discutable». Sucettes, oeufs surprises et autres épées laser sont placés directement à hauteur des yeux et des mains des enfants, critique-t-elle.

Volonté des clients

«Les parents se retrouvent coincés dans la file d'attente, harcelés par leur progéniture, dans un contexte social où l'obésité et le surpoids sont devenus un vrai problème de santé publique, puisqu'ils concernent déjà un enfant sur cinq», ajoute-t-elle.

Cette offre répond à une demande de la clientèle, justifie La Poste. Le géant jaune avait envisagé d'enlever ces articles de confiserie en 2012, mais «les clients avaient déploré le retrait», affirme Nathalie Dérobert Fellay. La direction a donc décidé de les réintroduire.

La Poste s'était fait remonter les bretelles il y a deux ans. Elle avait alors promis de retirer les sucreries par étapes successives pour recentrer son offre sur sa mission de base, la gestion du courrier et la vente de produits de télécommunication, ainsi que sur la Postfinance, indique la FRC.

En vue de ses engagements, la Fédération romande des consommateurs et ses consoeurs exigent que La Poste «cesse de cibler la gourmandise des enfants et qu'elle améliore les prestations que les consommateurs sont en droit d'attendre». Et la FRC de trancher: «A La Poste de se ressaisir». (ats)

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