Actualisé 10.08.2007 à 18:41

Les bourses continuent de dégringoler

FRANCFORT - Les banques centrales ont à nouveau injecté des sommes très importantes dans le secteur bancaire vendredi pour tenter d'atténuer l'impact de la crise immobilière américaine sur les marchés financiers dans le monde.

La Banque centrale européenne (BCE) a débloqué 61 milliards d'euros vendredi matin, qui s'ajoutent aux 95 milliards de la veille. La Réserve fédérale américaine, la «Fed», a continué d'arroser les marchés avec 35 milliards de dollars (25,64 milliards d'euros), environ la même somme que la veille, précisant qu'elle ferait tout «le nécessaire» pour assurer le bon fonctionnement des marchés. La Banque centrale japonaise a de son côté injecté 1.000 milliards de yen (6,12 milliards d'euros), suivie par les banques centrales d'Australie, de Hong Kong et du Canada.

C'est la première fois que les établissements américain, européen et japonais ont collectivement recours à de telles mesures depuis les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis. La BCE a fait savoir vendredi qu'elle surveillerait la situation de très près.

Mais la nervosité des marchés internationaux, et surtout l'inquiétude concernant la fragilité des entreprises non-américaines face à la crise sur le marché immobilier aux Etats-Unis, s'est traduite par de fortes chutes sur les places boursières vendredi. L'index londonien, le FTSE 100, a perdu 3,2%, le CAC-40, 3,3% et le DAX allemand, 1,5%.

L'origine de la crise est à trouver sur le marché des crédits immobiliers américains à risque, les prêts «subprime» accordés aux personnes à solvabilité douteuse. L'effet domino a mis quelque temps à atteindre l'Europe, et notamment l'Allemagne.

L'assureur Allianz SE, propriétaire de la Dresdner Bank, y a révélé vendredi que 1,7 milliards d'euros de ses investissements étaient liés aux «subprimes», soit 0,16% de ses investissements totaux. Deutsche Bank a fait savoir de son côté que sa filiale DWS Investissements ne suspendrait pas son fonds WDS ABS, dont a valeur a chuté de 30% depuis juillet, entraînant une perte de 2,1 milliards d'euros. Le patron et le directeur financier de la banque Rhineland, filiale d'IKB, ont démissionné.

L'inquiétude a grimpé jeudi matin, lorsque la banque française BNP Paribas a annoncé la suspension de trois fonds de placement dont elle jugeait qu'il n'était plus possible d'estimer la valeur. La BCE a annoncé sa première contre-mesure juste après, mais pour certains analystes cette réaction pourrait elle-même alimenter la crise de confiance. «La BCE a eu raison de soutenir les comptes des banques, mais son annonce fracassante a probablement fait plus pour effrayer les marchés que pour les calmer», estime Peter Morici, professeur d'économie à l'Université du Maryland.

Pour Michael Zlotnik de Standard & Poor's en Europe, la crise actuelle relève plutôt d'une «correction des marchés» qui devrait conduire à un marché du crédit plus raisonnable: ce serait donc «une évolution saine». Mais «ce processus pourrait nécessiter encore un peu de temps, et se soldera fort probablement par une volatilité accrue des gains et un ralentissement de la performance des banques dans certains secteurs pendant cette période», a-t-il prévenu.

AP

mgh/v507/st

(ap)

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