Crise de l'endettement: Les Bourses européennes s'envolent

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Crise de l'endettementLes Bourses européennes s'envolent

Le méga-plan de soutien aux pays de la zone euro en difficulté, d'un montant allant jusqu'à 750 milliards d'euros, a provoqué lundi l'euphorie des Bourses européennes.

Certaines d'entre elles ont connu des rebonds historiques, et a redonné des couleurs à l'euro.

Toutes les places financières européennes ont clôturé en forte hausse, prenant jusqu'à plus de 14%, après leur chute de la semaine dernière provoquée par la peur d'une contagion de la crise grecque aux autres maillons faibles de la zone euro.

«Les investisseurs saluent l'approbation des plans européens pour sauver la Grèce et soutenir l'euro», a commenté Joseph Hargett, de Schaeffer's Investment Research.

Euro raffermi face au franc

La Bourse de New York connaissait également une forte hausse, le Dow Jones gagnant 4,20% et le Nasdaq 4,65% vers 18h00 (heure suisse).

L'euro est repassé au-dessus des 1,30 dollar lundi matin, avant de retomber à 1,2861 dollar vers 18h00, contre 1,2759 dollar vendredi soir. La monnaie unique s'est également raffermie face au franc: l'euro a repassé la barre des 1,43 francs pour atteindre 1,42 à 18h40.

Il avait atteint jeudi son plus bas niveau depuis mars 2009 à 1,2523 dollar, à cause des craintes liées aux problèmes budgétaires de la Grèce et d'autres pays de la zone euro.

Clôture historique à Madrid

Le plus fort rebond des Bourses européennes a été enregistré avec &14,43% à Madrid, qui connaît ainsi la plus forte hausse depuis sa création en 1992.

La Bourse de Paris a connu lundi la troisième plus forte hausse de son histoire (&9,66%), emportée par l'euphorie générale.

Milan s'est envolé de 11,28%, tandis que Lisbonne gagnait 10,73%, Bruxelles 9,37%, Athènes 9,13%, Amsterdam 7,33%, Francfort 5,30% et Londres 5,16%.

A Zurich, le Swiss Market Index (SMI) a suivi la folle échappée des places européennes, certes avec moins d'écart, mais en achevant tout de même la séance en hausse de 4,45% à 6481,95 points

L'optimisme a même gagné l'Asie avec &1,60% à Tokyo et 2,54% à Hong Kong.

«Au-delà du rebond technique du marché, une hausse plus durable des marchés est aussi probable. Toutefois, tout n'est pas rose pour autant. Les marchés devront intégrer une volonté des Etats Européens d'assainir rapidement leurs finances publiques», estime Christian Parisot, économiste chez Aurel BCG.

Détente spectaculaire des taux grecs

Le plan de secours européen a aussi calmé le tourbillon des marchés obligataires, où le taux des titres de la dette de l'Etat grec à 10 ans enregistrait une détente spectaculaire.

Vers 18h00, leur taux chutait autour de 6,7%, un plongeon par rapport aux plus de 12% atteints vendredi soir.

Pour Guillaume Tresca, économiste au Crédit agricole, le plan va apaiser les tensions sur les marchés à court terme mais «à lui seul le paquet (ndlr: de mesures) ne suffira pas à rétablir la confiance à moyen terme.» Pour cela, «il faudra des preuves de redressement budgétaire et des réformes structurelles renforcées».

Sur les places boursières, les valeurs bancaires, qui avaient fortement chuté la semaine dernière, profitaient tout particulièrement du rebond, avec parfois des hausses de plus de 20%.

Réponse forte aux attaques

Dans la nuit de dimanche à lundi à Bruxelles, à l'issue de plus de onze heures de tractations, les ministres des Finances de l'UE se sont mis d'accord sur la mise en place d'un plan de secours historique pouvant aller jusqu'à 750 milliards d'euros pour aider les pays de la zone euro.

Cette enveloppe inclut des prêts et garanties des pays de la zone euro, ainsi que des prêts du Fonds monétaire international (FMI).

Les mesures annoncées lundi «ne résolvent pas le problème budgétaire fondamental mais elles donnent aux pays plusieurs années pour agir», note Carsten Brzeski, de la banque néerlandaise ING.

Le chef de la diplomatie espagnole, Miguel Angel Moratinos, a salué lundi un «accord très positif» et une réponse «à tous ceux qui essaient de miner la situation économique et financière de l'UE» par des spéculations contre l'euro.

«J'espère que ce sera la fin de la bataille» contre les spéculateurs, a-t-il ajouté. (ats)

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