«C'est la panique générale»: Les Bourses mondiales s'effondrent
Actualisé

«C'est la panique générale»Les Bourses mondiales s'effondrent

Les Bourses mondiales connaissaient un nouveau lundi noir, plongeant jusqu'à 20%, effrayées par l'ampleur de la crise financière et les risques de faillite de banques en série.

La promulgation du plan de sauvetage américain n'a guère contribué à apaiser les marchés. Les Bourses mondiales ont vécu un lundi noir, effrayées par l'ampleur de la crise financière et les risques de faillite de banques en série.

«C'est la panique générale. Tout le monde espérait après l'adoption du plan Paulson et les opérations de sauvetage en Europe que les choses se calmeraient. Mais en réalité, il y a toujours des craintes d'effet domino», a déclaré à l'AFP Adrian van Tiggelen, stratégiste principal chez ING Investment à Amsterdam.

Les investisseurs s'attendent désormais à ce que la crise du crédit déstabilise durablement le système financier et économique dans son ensemble.

À la clôture, Paris dégringolait de 9,04%, soit la pire chute de l'histoire du CAC 40. Londres lâchait 7,85%, Milan 8,24%, Francfort 7,07% et Amsterdam 9,14%. En Suisse, le SMI s'en sortait à peine mieux en terminant la séance sur une perte de 6,12%. Moscou a même perdu 19% - son record négatif - après trois interruptions de séance.

Cette déroute suivait des reculs de 4,2% de Tokyo, de 5% à Hong Kong alors que Djakarta s'est effondrée de 10%. À New York, le Dow Jones, est tombé lundi nettement sous le seuil des 10 000 points, une première depuis octobre 2004. Vers 20h30 (heure suisse), il affichait une perte de 7,22%, avant de se redresser en clôture à -3,18%.

Pour une action coordonnée

Les autorités américaines ont appelé lundi à une réaction «forte et coordonnnée» à l'échelon mondial face à la crise du crédit. Le président en exercice de l'Union européenne Nicolas Sarkozy a lui exhorté les pays européens à garder «calme» et «sang-froid». Le président français affirmait essayer «de coordonner tout le monde» malgré les divergences.

Parallèlement, les gouvernements tentaient, en ordre dispersé, de rassurer les épargnants dans l'attente d'une hypothétique réponse européenne commune.

L'action la plus spectaculaire est venue d'Allemagne où la chancelière Angela Merkel a annoncé dimanche la couverture par l'Etat de toute l'épargne des ménages, soit plus de 1600 milliards d'euros. Le gouvernement allemand espérait éviter une panique généralisée. Il n'a toutefois pas réussi à rassurer les marchés.

Garantie historique

Au terme d'un week-end riche en rebondissements, Berlin escomptait avoir stabilisé la banque de crédits immobiliers Hypo Real Estate par un vaste plan de sauvetage du gouvernement et de ses consoeurs, ficelé tard dimanche soir.

Le gouvernement espérait aussi avoir rassuré les Allemands sur le sort de leurs économies. En annonçant dimanche la couverture par l'Etat de toute l'épargne des ménages, la chancelière Angela Merkel a émis «la plus grosse garantie de l'histoire mondiale», commentait lundi matin à la radio allemande Hans-Peter Burghof, professeur de finances à l'Université de Hohenheim.

Outre son geste envers les épargnants, Berlin a cherché à éviter un effet de contagion en sauvant la banque immobilière Hypo Real Estate. Celle-ci était déjà miraculée la semaine dernière suite à la plus grosse opération de sauvetage de l'histoire allemande.

Secteur en recomposition

En une semaine, les besoins en liquidités de la quatrième banque allemande ont pris des proportions faramineuses et pourraient atteindre, selon certains experts, les 100 milliards d'euros d'ici l'an prochain.

La crise provoque par ailleurs une recomposition du secteur bancaire avec la reprise des activités en Belgique et au Luxembourg du bancassureur Fortis par BNP Paribas. Conséquence inédite de cette opération: l'Etat belge sera le premier actionnaire du groupe français avec près de 12% du capital.

Le montant de la transaction s'élève à 14,5 milliards d'euros (22,5 milliards de francs). Grâce à cette opération, BNP Paribas devient la première banque de dépôts de la zone euro. Fortis est l'une des premières grandes banques européennes à flancher sous l'effet de la crise financière mondiale. (ats)

Lundi noir

28 octobre 1929, troisième journée du krach de 1929.

Le 19 octobre 1987 correspond au deuxième lundi noir, soit la journée la plus violente du krach d'octobre 1987 à Wall Street, et nouvelle baisse la plus importante, en pourcentage, jamais enregistrée en un jour sur un marché d'actions: 22,6 %.

Ton opinion