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Séisme au JaponLes Bourses mondiales tremblent

Les Bourses mondiales ont fléchi lundi, inquiètes des conséquences de la catastrophe naturelle qui a frappé le Japon, tant pour la troisième économie de la planète, que pour la croissance mondiale.

En Europe, les principales Bourses ont terminé en baisse, Paris reculant de 1,29%, Francfort de 1,58% et Londres de 0,89%. La Bourse suisse a terminé pour sa part sur une baisse de 1,25%. Wall Street était également en recul à mi-séance de près de 1% autant pour le Dow Jones que pour le Nasdaq.

En Asie dans la matinée, hormis une chute de 6% du Nikkei à Tokyo, les autres places avaient relativement bien résisté: Shanghai a fini en hausse de 0,13%, Hong Kong de 0,41% et Séoul de 0,80%. En revanche, Sydney a clôturé sur un recul de 0,40%, Taipei a perdu 0,56%, Manille 0,14% et Wellington 0,64%.

La banque centrale du Japon a tenté d'apaiser les tensions sur les marchés financiers en injectant massivement des fonds, alors que le yen a atteint dans la matinée un plus haut en quatre mois.

De graves dysfonctionnements dans des centrales nucléaires de la région ravagée, qui réduisent aussi l'offre d'électricité, avivent les craintes sur les répercussions de ce désastre sur l'ensemble des entreprises et l'économie japonaises.

La facture s'alourdit

L'action de la compagnie d'électricité Tokyo Electric Power (Tepco), qui exploite les centrales nucléaires en difficulté, a plongé de 23,57%. Dans son sillage, les groupes énergétiques européens piquaient du nez: Areva perdait près de 10%, EDF 5,28%, et en Allemagne, EON cédait 5,26% et RWE 4,7%.

Autres secteurs en difficulté: le luxe, dont les Japonais sont friands, et les assurances dont la facture est en train de s'alourdir fortement. Les assureurs et réassureurs japonais ainsi que leurs grands concurrents étrangers (Swiss Ré, Munich Ré, Scor...) vont subir de «lourdes pertes» consécutives au séisme et au tsunami, ce qui pèsera sur leurs notes, selon une étude publiée lundi par l'agence de notation Moody's.

Le gouvernement japonais a jugé que ce sinistre aurait un impact «considérable» sur l'économie nationale et des fonds colossaux seront nécessaires pour financer la reconstruction des zones éprouvées.

Le coût de la catastrophe pourrait s'élever pour les assurances à 34,6 milliards de dollars, selon une estimation initiale publiée dimanche par AIR Worldwide, spécialiste de l'évaluation du risque.

Risque de ralentissement économique

De nombreuses entreprises ont été fermées lundi au Japon, notamment les constructeurs automobiles dont les actions ont plongé en Bourse: Nissan et Toyota ont perdu 9,52% et 7,92% respectivement. Honda a cédé 6,49%.

«Le marché se focalise maintenant sur le risque de ralentissement économique au niveau mondial: baisse de l'activité en Chine en février, hausse des taux d'intérêt à venir aux Etats-Unis s'il y a absence de nouvelle injection de liquidités, tremblement de terre au Japon qui devrait ralentir la production industrielle du Japon, hausse du prix du pétrole depuis début 2011», souligne ainsi Franklin Pichard, directeur de Barclays Bourse.

Au Japon, alors que le yen est brusquement monté avant de retomber, la banque centrale (BoJ) a pris une série de mesures exceptionnelles pour tenter d'apaiser les tensions. La BoJ a effectué lundi des injections massives de fonds dans le système interbancaire, pour un montant de 15'000 milliards de yens (170 milliards de francs), inédit en une journée.

Le yen est brusquement monté en Asie, les opérateurs s'attendant à ce que les Japonais rapatrient des fonds en masse pour financer la reconstruction après le séisme, puis est retombé après cette injection massive de fonds par la BoJ. Vers 18h00, le dollar cotait 81,86 yens contre 81,91 yens vendredi à 23h00. L'euro valait 114,28 yens contre 113,89 yens vendredi en fin de journée.

(ats)

La Bourse suisse termine en nette baisse

Le tremblement de terre et le tsunami survenus au Japon et les conséquences de la catastrophe ont continué de peser sur les marchés lundi. À la clôture, le SMI, l'indice vedette de la Bourse suisse, perdait 1,25% à 6274,47 points.

L'indice élargi SPI reculait pour sa part de 1,17% à 5696,11 points. Le Japon est au centre de l'attention. Le tremblement de terre et ses conséquences devraient peser sur la croissance mondiale, selon des experts.

Swiss Re a fini lanterne rouge du SMI, en reculant de 4,5%. La charge de la catastrophe au Japon pour l'industrie de l'assurance se montera à hauteur du milliard à deux chiffres, selon des experts.

Les conséquences du tsunami, les dommages au réseau routier, les interruptions de production de l'industrie s'y ajouteront. En revanche, les assureurs ne sont pratiquement pas concernés par les accidents dans les centrales nucléaires.

Autre assureur actif au niveau mondial, ZFS a perdu 1,8%. Au Japon, Zurich est actif dans les assurances pour l'industrie et les exploitations. Les bancaires n'ont pas échappé à la tendance: Credit Suisse a perdu 1,2% et UBS 1,5%.

Craintes pour le luxe

Les cycliques ont aussi souffert des conséquences prévisibles de la catastrophe au Japon sur l'économie mondiale. On craint notamment une baisse de la demande japonaise pour les produits de luxe: Richemont a perdu 2%, qui écoule 11% de ses ventes au Japon et 10% à des touristes japonais à l'étranger.

Les poids lourds défensifs n'ont pas été épargnés: Novartis a perdu 1,6%, Roche 0,8% et Nestlé 1%. Sonova a reculé de 2%.

Nobel Biocare a gagné 2,3%. Selon un article de presse, le groupe d'implants dentaires est parvenu à stopper les pertes de parts de marché en janvier et en février. Les affaires aux Etats-Unis, un marché important pour le groupe, ont évolué «de manière réjouissante».

Petroplus a progressé de 3,3% et Clariant de 0,55%. Berkshire Hathaway a fait une offre sur le groupe américain Lubrizol et on en a tiré des conséquences positives pour la valeur de la division additifs pour carburants de Clariant, selon des courtiers.

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