Actualisé 18.05.2019 à 10:35

Genève / Lyon (F)Les braqueurs du change Migros condamnés à Lyon

Trois hommes ont écopé de lourdes peines de prison. En 2013, ils avaient attaqué le commerce de Thônex à la voiture bélier et tiré sur la police.

von
Richard Schittly
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Les malfrats ont utilisé un 4x4 pour enfoncer la porte du bureau de change, situé rue de Genève à Thônex, à côté du bowling et en face du poste de police.

Les malfrats ont utilisé un 4x4 pour enfoncer la porte du bureau de change, situé rue de Genève à Thônex, à côté du bowling et en face du poste de police.

Lecteur reporter
Les malfaiteurs ont abandonné la grosse BMW sur place et ont fui avec un autre véhicule.

Les malfaiteurs ont abandonné la grosse BMW sur place et ont fui avec un autre véhicule.

Lecteur reporter
Tout le trafic a été interrompu jusqu'à 10h45.

Tout le trafic a été interrompu jusqu'à 10h45.

Lecteur reporter

Le verdict est tombé vendredi soir à Lyon, après quatre jours de procès. Trois hommes, âgés de 41 à 61 ans, ont été jugés coupables du braquage raté du bureau de change Migros, commis le 2 novembre 2013 à Thônex. Deux ont été condamnés à dix ans de réclusion criminelle, le troisième à huit ans d'emprisonnement. Originaires d'Annemasse (F) et de la région lyonnaise, les trois accusés ont espéré jusqu'au bout l'acquittement, contestant leur participation à l'attaque à la voiture bélier.

Une BMW X5 avait enfoncé la vitrine et traversé l'agence en marche arrière. Constituée de cinq à sept malfaiteurs, selon les témoins, l'équipe disposait d'une Kalachnikov, d'une grenade et de herses faites de planches clouées. Des employées ont raconté à la cour d'assises qu'elles avaient tout juste eu le temps de se jeter sur le côté avant que leur guichet ne soit pulvérisé. «Ca recommence!» s'était exclamée l'une d'elles, déjà présente à l'attaque à l'explosif qui s'était produite dans cette même agence en 2010.

Ni vidéo, ni trace scientifique

Les trois accusés ont réfuté leur présence ce matin-là sur les lieux. Aucun témoignage, ni image vidéo, ni trace scientifique, ne pouvait les identifier formellement sous les cagoules et les lunettes de ski. Dans son réquisitoire, l'avocat général a listé tous les indices pouvant les mettre en cause. Pour l'un, son ADN dans la voiture volée qui a servi au casse. Pour les deux autres, des contacts et des bornes téléphoniques qui ont permis de retracer leurs itinéraires à proximité des lieux du crime. Notamment, un trajet de retour à Lyon le jour J, en passant par Grenoble, comme s'ils allaient déposer un complice.

Leurs avocats ont tenté de banaliser la nature de ces multiples contacts. Me Jean-Félix Luciani a déploré «une sorte de culpabilité par contamination technologique». Les explications minimalistes des trois hommes sur leurs fréquentes visites à Genève n'ont pas suffi à dissiper les suspicions. Trop nombreuses, les coïncidences ont emporté la conviction du jury lyonnais.

La France plus sévère que la Suisse

Le procureur a reconnu qu'il ne pouvait pas attribuer des rôles précis dans l'attaque même. Mais leur participation à une «bande organisée» permet de les considérer comme «co-auteurs». Cette particularité de la loi française a scellé le sort des trois accusés. Et fait la différence avec la décision suisse dans cette affaire. Interpellé à Genève, un membre du commando a été condamné en septembre 2016 pour tentative de brigandage à cinq ans de prison. «A Lyon il aurait été condamné à quinze ans» a affirmé l'avocat général.

Logeuse genevoise de malfaiteur

«Cette histoire m'a posé assez de problèmes.» Cinq ans après, à cran, la jeune femme raconte à la cour de Lyon son arrestation, dans le centre de Genève. Fouille en pleine rue, perquisition en règle. En novembre 2013, cette gérante d'institut de beauté est suspectée de complicité dans le braquage du bureau de change Migros. La raison? Elle a hébergé un braqueur, interpellé à ses côtés. «Je savais que c'était un voleur, la France ne lui donnait pas sa chance, il m'avait promis qu'il ne faisait plus de bêtises» raconte-t-elle. Naïveté? L'anecdote révèle la présence du milieu lyonnais à Genève, profitant de planques et de relations. Celui qui servait de modèle pour des cours d'épilation dans son institut était un malfaiteur chevronné, condamné pour l'attaque de Thônex, acquitté pour un autre. «Le diable en personne était chez moi!» constate amèrement l'esthéticienne. Un peu tard.

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