Vaccin Covid-19: Les campagnes lancées, des questions demeurent
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Vaccin Covid-19Les campagnes lancées, des questions demeurent

Un an seulement après l’apparition du Covid-19, des campagnes de vaccination vont commencer dès dimanche. Mais des questions restent posées.

Le Royaume-Uni a donné le premier feu vert le 2 décembre au vaccin développé par l’américain Pfizer et l’allemand BioNTech.

Le Royaume-Uni a donné le premier feu vert le 2 décembre au vaccin développé par l’américain Pfizer et l’allemand BioNTech.

Hans Lucas via AFP

Avec le feu vert accordé par les autorités sanitaires européennes en début de semaine, les campagnes de vaccination peuvent commencer dès dimanche en Europe continentale, après l’Angleterre, les États-Unis et plusieurs pays d’Amérique latine. Un an seulement après l’apparition du Covid-19, son antidote est disponible, mais des questions demeurent.

Combien de vaccins?

Le développement et la mise sur le marché d’un nouveau vaccin prennent d’habitude dix ans en moyenne, un délai réduit à moins d’un an pour le Covid-19 grâce à l’accélération des procédures de recherche, de production industrielle et d’évaluation, appuyées par des financements colossaux.

Le Royaume-Uni a donné le premier feu vert le 2 décembre au vaccin développé par l’américain Pfizer et l’allemand BioNTech. Depuis, des dizaines de milliers de personnes âgées ou personnels sanitaires ont reçu leur première dose.

Aux États-Unis, des autorisations d’urgence ont été accordées par l’Agence américaine des médicaments (FDA) à Pfizer/BioNTech et à l’américain Moderna.

Au total, 16 pays et l’Union européenne ont donné leur feu vert au vaccin Pfizer/BioNTech.

De son côté, la Russie a démarré sa campagne le 5 décembre avec le vaccin russe Spoutnik V, encore dans sa troisième et dernière phase d’essais cliniques. Et les autorités chinoises ont déjà donné leur feu vert à une utilisation d’urgence de certains de leurs vaccins, même si aucun n’a encore été formellement approuvé.

Au total, 16 vaccins en sont au dernier stade de développement, la phase 3, selon le dernier point de l’OMS, un décompte incluant ceux déjà sur le marché.

Quel calendrier pour l’Union européenne?

L’Agence européenne des médicaments (EMA) a donné lundi son feu vert à la commercialisation du vaccin Pfizer/BioNTech et la Commission européenne a indiqué que la campagne de vaccination pouvait commencer dimanche. À compter de cette autorisation de mise sur le marché, chaque pays membre reprend la main pour définir les publics prioritaires et l’organisation logistique.

En France, les premières vaccinations auront lieu dimanche.

Quel est le meilleur vaccin?

Depuis le 9 novembre, quatre fabricants ont annoncé que leur vaccin était efficace: Pfizer/BioNTech, Moderna, l’alliance britannique AstraZeneca/Université d’Oxford, et l’institut d’État russe Gamaleïa.

Ces annonces s’appuient sur le dernier stade des essais cliniques, la phase 3, pour lequel des dizaines de milliers de volontaires ont été recrutés.

Mais les données scientifiques détaillées et validées sont disponibles seulement pour deux d’entre eux: ceux de Pfizer/BioNTech et d’AstraZeneca/Oxford.

La revue scientifique The Lancet a confirmé le 8 décembre que le vaccin d’AstraZeneca était efficace à 70% en moyenne.

Pour le vaccin Pfizer/BioNTech, l’agence américaine des médicaments (FDA) a confirmé dans un compte-rendu sur les données de l’essai la très haute efficacité à 95% du vaccin, administré en deux doses espacées de trois semaines.

Moderna se prévaut d’une efficacité très proche, de 94,1%. Le vaccin Spoutnik V russe, lui, affiche une efficacité de 91,4% sur ses 39 malades (et 95% sur un nombre de malades non précisé).

Le vaccin AstraZeneca/Oxford a pour lui d’être le moins cher (environ 2,50 euros la dose). Ceux de Moderna et de Pfizer/BioNTech ont un handicap logistique, car ils ne peuvent être stockés à long terme qu’à très basse température (-20° Celsius pour le premier, -70°C pour le second).

Quels effets secondaires?

Les experts soulignent qu’avec des essais cliniques menés sur des dizaines de milliers de volontaires, un problème majeur de sûreté aurait déjà été détecté. Mais des effets secondaires plus rares ou ne survenant que chez certains profils de patients ne sont pas à exclure.

Selon le rapport de la FDA sur le vaccin Pfizer/BioNTech, ce dernier provoque souvent des réactions douloureuses au niveau de l’injection dans le bras (de l’ordre de 80%). Suivent des effets indésirables tels que fatigue, maux de tête et courbatures, plus rarement de la fièvre.

Quelles autres questions en suspens?

La plus importante est celle de l’efficacité à long terme, puisque pour l’instant elle a été calculée une à deux semaines seulement après la dernière injection.

«Combien de temps la protection durera-t-elle? Le virus finira-t-il par muter pour échapper au vaccin, ce qui limiterait alors l’efficacité de la vaccination?», résume une experte britannique, Penny Ward (King’s College de Londres), citée par l’organisme Science Media Centre (SMC).

Autre question cruciale: on ignore si l’action de ces vaccins est identique chez les populations les plus à risque, à commencer par les personnes âgées, qui sont plus susceptibles de développer une forme grave.

Il reste aussi à savoir si ces vaccins font barrage à la transmission du virus, en plus de réduire la sévérité de la maladie chez ceux qui les ont reçus.

Un vaccin moins efficace sur le variant détecté au Royaume-Uni?

Les experts de l’Union européenne estiment que les vaccins actuels contre le Covid-19 restent efficaces face à la nouvelle souche du virus détectée au Royaume-Uni, présentée comme plus contagieuse par les Britanniques.

«Pour le moment il n’existe aucune preuve suggérant» que le vaccin Pfizer/BioNTech «ne soit pas efficace contre le nouveau variant», a déclaré l’Agence européenne du médicament. Un message répété par le co-dirigeant du laboratoire allemand BioNTech, Ugur Sahin, qui a également assuré que son entreprise était en mesure de délivrer un nouveau vaccin en six semaines.

(AFP/NXP)

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