Cour des comptes: Les candidats certifient leur indépendance

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Cour des comptesLes candidats certifient leur indépendance

Une liste gauche-droite se présente à l'élection à la Cour des comptes et garantit son indépendance vis-à-vis des partis dont elle émerge.

par
Henri Della Casa
De gauche à droite: Marco Ziegler (candidat à la suppléance), François Paychère, Stanislas Zuin et Isabelle Terrier (candidats aux postes de titulaires). Myriam Nicolazzi et Hans Isler manquent sur la photo.

De gauche à droite: Marco Ziegler (candidat à la suppléance), François Paychère, Stanislas Zuin et Isabelle Terrier (candidats aux postes de titulaires). Myriam Nicolazzi et Hans Isler manquent sur la photo.

«Nous sommes des personnalités qui nous entendons, nous avons pu le tester», assure Isabelle Terrier. Le détail n'est pas anodin en ces temps de batailles aquatiques à la Cour des comptes. Les candidats de la liste gauche-droite à l'élection de l'autorité de contrôle de l'administration veulent ainsi garantir le sérieux qui fait actuellement défaut à la vénérable institution.

Après quatre années de navigation en eaux calmes, celles-ci sont devenues un peu plus agitées lorsque le juge Stéphane Geiger a, début septembre, jeté un seau rempli d'eau sur son collègue Daniel Devaud. Ces deux magistrats, anciennes figures du Palais de justice, ne se représentent pas à la Cour des comptes.

Comptables, juristes, économistes

«Cela reste un épiphénomène, remarque Isabelle Terrier. La Cour, acteur essentiel de la vie politique genevoise, a fait ses preuves!»

Stanislas Zuin, François Paychère et Isabelle Terrier, candidats aux postes de magistrats titulaires, ont décidé de jouer la carte des compétences, et surtout de leur indépendance vis-à-vis de leurs partis respectifs. Niveau compétences, leurs CV, qu'ils ont fièrement présentés à la presse, ne laissent guère de doute: le juge François Paychère est un ténor de la magistrature genevoise, l'avocate Isabelle Terrier préside la Commission externe d'évaluation des politiques publiques depuis 2009 alors que Stanislas Zuin, expert financier de profession, possède cinq ans d'expérience à la Cour.

Déficit de confiance à combler

La question épineuse est bien celle de l'indépendance politique de ces candidats. Issus de l'Entente, du PS et des Verts, ils risquent fort bien d'être élus confortablement le 4 novembre. Soutenu par son parti de l'UDC et par le MCG, Yves Nidegger vise également un poste et leur fera concurrence. Les deux partis populistes ont déjà dénoncé le pacte «apolitique» des partis gouvernementaux.

N'y a-t-il donc pas de risque de conflit d'intérêts? «Nous n'aurons jamais à rendre compte de nos activités aux partis», prévient François Paychère. Cette indépendance est d'ailleurs inscrite dans la Constitution.

Paradoxalement, lors de la conférence de presse de présentation de ces candidats, les représentants des partis étaient présents... assis juste derrière eux. Secrétaire général du Parti socialiste, Arnaud Moreillon se montre réaliste, et rassurant: «Il faut répondre au déficit de confiance de la population envers les institutions. Aucun parti ici présent n'a à gagner de ce déficit, d'où notre recherche de personnes aptes à travailler en équipe.»

Pas d'acharnement

Seul candidat sortant, Stanislas Zuin rappelle encore que des audits cinglants ont été conduits depuis 2007 par des magistrats du même bord politique que celui ou celle qui dirige le service visé. Le PDC Stéphane Geiger a ainsi mis son nez dans la coûteuse fête de départ de Jean-Pierre Jobin, ex-directeur de l'aéroport; Antoinette Stalder s'est penchée sur le système de rémunération des policiers, alors dirigés par son camarade PS Laurent Moutinot; le Vert Stanislas Zuin a audité les TPG ou les SIG, dont le conseiller d'Etat de tutelle était Robert Cramer.

A l'inverse, inutile de croire, selon Stanislas Zuin, à un acharnement de la Cour contre tel ou tel chef de département. «Les Rapports d'activités le prouvent: il n'y a pas d'audits en surnombre contre un département en particulier.»

Le rôle à jouer des citoyens

Aux côtés des autorités législatives ou de l'administration elle-même, les citoyens peuvent communiquer tout dysfonctionnement à la Cour des comptes. L'instance examine chaque demande, et motive expressément son éventuel refus d'entrer en matière. D'après Stanislas Zuin, président de la Cour, ces sollicitations du peuple représentent un quart des demandes d'audits.

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