Présidentielle: Les candidats satisfaits du bon déroulement
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PrésidentielleLes candidats satisfaits du bon déroulement

Le chef de l'Etat ivoirien Laurent Gbagbo et ses deux principaux adversaires à la présidentielle, ont exprimé leur satisfaction au vu du bon déroulement du scrutin.

Ce scrutin doit clore une décennie de crise politico- militaire après six reports depuis 2005.

Ce scrutin doit clore une décennie de crise politico- militaire après six reports depuis 2005.

Les Ivoiriens se sont rendus aux urnes dimanche en masse et dans le calme pour choisir un nouveau président, une élection historique après 11 années de crise politico- militaire et six reports depuis 2005. Les principaux candidats se sont dits satisfaits du scrutin.

A Abidjan comme à Bouaké (centre), fief de l'ex-rébellion des Forces nouvelles (FN) qui tient le Nord du pays depuis son putsch manqué de 2002, les électeurs ont afflué devant les bureaux de vote, qui ont fermé à 17h00 (18h00 en Suisse), ont constaté des journalistes de l'AFP sur place. Au total, 20'000 bureaux de vote avaient été ouverts.

La participation était estimée entre 60 et 70 % des inscrits. A Abidjan, des scrutateurs faisaient état d'une participation dépassant par endroits les 75 %. A Bouaké, la deuxième ville du pays et fief rebelle, un observateur japonais a avancé un taux proche de 80 %.

«Je suis très fier d'avoir voté», a lancé Nastase Kehi, étudiant de 26 ans, après avoir glissé son bulletin dans l'urne «pour la première fois». Une longue file s'était formée dès 05h00 devant ce centre du quartier de Port-Bouët (sud d'Abidjan).

La bouillonnante métropole offrait un aspect inhabituellement calme, dû dans certains quartiers à une quasi-absence de transports en commun.

Près de 6 millions d'électeurs

A Bouaké, dans une file d'attente de plusieurs centaines de personnes, les discussions allaient bon train dans une atmosphère détendue.

«Depuis 10 ans qu'il n'y a pas d'élection, il faut qu'on prenne part pour qu'il y ait un changement, parce que les Ivoiriens souffrent, surtout nous les jeunes», confiait Mylène Kouassi, étudiante de 22 ans, venue exprès d'Abidjan pour voter sur son lieu d'inscription. Aucun incident notable n'avait été rapporté en début d'après-midi.

Environ 5,7 millions d'Ivoiriens étaient appelés aux urnes pour ce scrutin qui doit départager 14 candidats, dont les trois ténors de la politique ivoirienne, pour la première fois opposés: le président sortant Laurent Gbagbo, 65 ans, au pouvoir depuis 2000 malgré la fin de son mandat en 2005, l'ex-chef d'Etat Henri Konan Bédié, 76 ans, et l'ancien Premier ministre Alassane Ouattara, 68 ans.

Les trois «grands» ont affiché leur satisfaction au vu de l'élection.

Clore la crise

«Je suis heureux aujourd'hui que ce vote se passe bien», a dit M. Gbagbo, rappelant que seule la Commission électorale indépendante (CEI) était «habilitée à donner un résultat provisoire».

M. Bédié a exprimé son «soulagement après les longues attentes que nous avons subies depuis 2005». Pour M. Ouattara, la paix est «ce dont notre pays a le plus besoin, aussi bien le jour des élections que pour les jours après les élections».

Le scrutin est censé clore la crise ouverte par le coup d'Etat de 1999 et aggravée par le putsch manqué de 2002, qui a entraîné une guerre et la partition de cette ex-colonie française longtemps donnée en exemple pour sa stabilité et son «miracle» économique.

La CEI a légalement jusqu'à mercredi pour proclamer les résultats provisoires. Selon l'un de ses vice-présidents, Amadou Soumahoro, elle souhaite les donner «dans la journée de lundi». Un éventuel second tour est prévu 15 jours après la proclamation des résultats définitifs du premier tour par le Conseil constitutionnel.

Plus de 9000 militaires

Le climat apaisé de dimanche contraste avec l'atmosphère des derniers jours. La crainte de tensions ou de troubles, pendant ou après le vote, était alors palpable dans la population.

Laurent Gbagbo lui-même a dit redouter des «violences», affirmant, sûr de gagner, qu'elles «viendront de ceux qui perdront».

Des brigades mixtes loyalistes/FN, aux effectifs insuffisants, étaient aidées par les anciens rebelles dans le nord et la police et la gendarmerie dans le sud. L'Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (ONUCI, plus de 8500 hommes) et la force française Licorne (900 hommes) sont en appui.

Les forces armées loyalistes ont annoncé la fermeture des frontières terrestres jusqu'à mardi 18h00 (19h00 en Suisse), pour empêcher les «éventuels fauteurs de troubles» de «fuir le pays après y avoir mis le feu». (ats/afp)

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