Actualisé 07.04.2013 à 13:29

Offshore LeaksLes cantons demandent aux autorités de réagir

L'affaire des paradis fiscaux fait réagir jusqu'en Suisse, où les cantons veulent que les politiques agissent.

Les cantons exigent une réaction des autorités politiques dans l'affaire des paradis fiscaux dite «Offshore Leaks». «L'Etat doit intervenir de manière conséquente», estime Christian Wanner, président de la Conférence des directeurs cantonaux des finances (CDF).

«Avec les uns, on chipote sur de petites déductions professionnelles alors que d'autres pourraient tranquillement soustraire des millions?», s'interroge le conseiller d'Etat soleurois dans une interview accordée au «Matin Dimanche» et à la «SonntagsZeitung». «Ce n'est ni moral ni juste».

«La Confédération doit veiller à ce que des standards internationaux soient fixés dans le cadre des organisations internationales, comme l'ONU, l'OCDE ou le G20», abonde le directeur des finances zougois Peter Hegglin. Des normes qui permettraient de contrôler que les trusts soient imposés correctement, juge celui qui succédera à Christian Wanner à la tête de la CDF.

L'utilisation d'une structure offshore dans un paradis fiscal n'est en principe pas illégale. «Ce qui est certain, c'est qu'on ne monte pas des trusts juste par altruisme», estime M. Wanner (PLR). Or les autorités fiscales n'ont pratiquement aucune chance de mettre le doigt sur de tels placements s'ils ne sont pas déclarés.

La Suisse aussi touchée

L'affaire Offshore Leaks a débuté jeudi lorsque les hebdomadaires «Le Matin Dimanche» et «SonntagsZeitung» ont révélé disposer de plus de 2,5 millions de documents concernant des sociétés offshore. Ces derniers ont été transmis à un réseau international de journalistes auquel participent des membres des deux rédactions.

Depuis plusieurs mois, plus de quatre-vingt journalistes du monde entier travaillent sur cette masse de données en mains du Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ), basé à Washington.

Selon ces deux journaux dominicaux, les Offshore Leaks concerneraient environ 300 personnes et 70 sociétés en Suisse. Parmi elles, une vingtaine de banques et de nombreux intermédiaires financiers auraient passé commande de milliers de sociétés offshores, destinées à abriter les comptes de leurs clients étrangers. (ats)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!