Enseignement des langues: Les cantons pour deux langues dès la primaire
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Enseignement des languesLes cantons pour deux langues dès la primaire

Les cantons tiennent aux deux langues étrangères dès la primaire

Les élèves de primaire devraient apprendre une deuxième langue nationale et l'anglais.

Une majorité des cantons, réunis en assemblée plénière à Bâle, ont confirmé leur attachement à la stratégie sur les langues adoptée en 2004.

Par 22 voix contre 2, une abstention et une absence, les cantons l'ont approuvée, a déclaré Christoph Eymann (BS), président de la Conférence des directeurs cantonaux de l'instruction publique (CDIP), à l'issue de la séance. «Il n'y a aucune raison d'abandonner cette pratique ou d'envisager des changements», a-t-il ajouté.

La CDIP entend continuer à uvrer pour une solution intercantonale allant dans ce sens afin d'éviter une intervention de la Confédération, a-t-il poursuivi. Berne soutiendra les cantons dans la mise en uvre de ce modèle, a promis le conseiller fédéral Alain Berset, également présent à Bâle.

Et le ministre de l'intérieur d'avertir: si l'enseignement d'une langue nationale en primaire était toutefois sacrifié, la Confédération interviendra. En cas de demande de la part des cantons, le Conseil fédéral pourrait par exemple rédiger «une déclaration de force obligatoire générale du concordat Harmos sous forme d'un arrêté fédéral».

La CDIPinvite donc les gouvernements et Parlements cantonaux à contribuer à une solution coordonnée dans le domaine de l'enseignement des langues, «conformément à leur mandat constitutionnel».

Attendre 2015

Pour les aider, la CDIP souhaite lancer, avec la Confédération, un programme national d'échanges destiné aux enseignants. Ce type de pratiques devraient être encouragées non seulement pour les profs, mais aussi pour les élèves, abondent les deux faîtières des associations d'enseignants romand (SER) et alémanique (LCH).

Contrairement au modèle 3/5 en vigueur actuellement dans la plupart des cantons - qui ne prévoit pas d'ordre dans lequel les langues doivent être introduites -, les deux associations privilégient l'apprentissage d'une deuxième langue nationale au plus tard dès la troisième année.

Pour le moment, le gouvernement et la CDIP préfèrent attendre et tirer un bilan en 2015. Il faut du temps pour qu'un enseignement plus précoce des langues puisse faire ses preuves dans la pratique, pour que ses effets puissent être évalués et pour que des améliorations puissent, si nécessaire, être apportées, a-t-elle expliqué. «Ce serait donc une erreur que de procéder maintenant à des changements».

Certains membres de la commission de l'éducation du Conseil national ne veulent pourtant pas attendre. Une initiative de Jean-François Steiert (PS/FR) et Kathy Riklin (PDC/ZH) visant à rendre obligatoire l'apprentissage d'une deuxième langue nationale dès la primaire est sur la table. La commission en débattra en décembre.

Tache d'huile

La polémique sur les langues a pris de l'ampleur depuis que les gouvernements thurgovien et nidwaldien se sont prononcés en faveur de la suppression de l'enseignement du français à l'école primaire.

Même si le Conseil d'Etat nidwaldien a entre-temps été désapprouvé par son Parlement - qui souhaite que deux langues soient enseignées à l'école primaire - la controverse n'est pas près de diminuer, puisque d'autres cantons comme les Grisons, Schaffhouse ou Lucerne pourraient leur emboîter le pas.

Or l'apprentissage de deux langues étrangères, dont une langue nationale, fait partie des éléments fondamentaux du concordat HarmoS entré en vigueur en 2009. Les cantons signataires sont tenus par un compromis d'en appliquer le principe. Ils ont six ans pour le mettre en oeuvre.

Les directeurs cantonaux de l'instruction publique se voulaient néanmoins rassurants: ces interventions politiques «n'ont, jusqu'à ce jour, abouti à aucune décision définitive ni à aucun changement dans la pratique». (ats)

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