Energie : Les cantons se penchent sur leur potentiel solaire
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Energie Les cantons se penchent sur leur potentiel solaire

Comme Genève, plusieurs cantons étudient le potentiel en énergie solaire sur les bâtiments publics.

Souvent, les cantons ont un devoir d'exemplarité: lorsque l'Etat construit ou assainit un bâtiment, il doit montrer l'exemple et répondre aux standards minergie ou du moins tendre dans cette direction.

Le canton de Neuchâtel a mandaté un bureau d'expert pour évaluer le potentiel solaire des bâtiments, aussi bien privés que publics. Le but est de déterminer la surface de toiture dont l'orientation est plus ou moins favorable à l'installation de technologies solaires, a expliqué à l'ats Thierry Pittet, conseiller en matière d'énergie du canton.

Les résultats devraient être prêts à la fin de l'année. Chaque propriétaire, de maison individuelle ou d'entreprise, pourra ainsi facilement évaluer le potentiel de son toit.

Parallèlement, une discussion a lieu dans le canton à propos de terrains improductifs - donc inutilisables pour l'agriculture ou la construction - où seraient mises en place des installations photovoltaïques. Pour l'heure, le projet en est à l'état de la discussion avec différents partenaires.

A La Chaux-de-Fonds, un projet concret prévoit différentes installations photovoltaïques au lycée Blaise Cendrars. Outre la production d'énergie, ce projet a aussi un but didactique.

Fribourg engagé

Dans le canton de Fribourg, une étude a montré que 20'000 à 25'000 m2 de toitures appartenant à l'Etat sont facilement équipables en panneaux solaires. Le canton a décidé de s'engager dans cette voie, explique Serge Boschung, chef de la section énergie du canton.

De plus, 25% de la consommation du canton devra provenir de courant vert d'ici 2015. L'énergie photovoltaïque produite sur les toits appartenant à l'Etat sera intégrée dans ce mix énergétique.

La Suisse romande n'est de loin pas en retard dans ce domaine, souligne Serge Boschung. Outre-Sarine, Bâle-Ville fait également examiner l'ensemble des bâtiments cantonaux pour déterminer lesquels pourraient être munis de panneaux solaires.

A priori, les grands immeubles décentralisés sont visés. Les bâtiments jugés aptes seraient équipés d'installations photovoltaïques d'ici 2013, selon le responsable du parc immobilier de la ville Rolf Borner.

Le canton délie aussi sa propre bourse, en plus de la rétribution à prix coûtant du courant injecté (RPC) de la Confédération, pour promouvoir les énergies renouvelables. C'est pourquoi les projets solaires avancent plus vite à Bâle-Ville que dans d'autres cantons, avance Rolf Borner. Près de 60% des bâtiments cantonaux sont aujourd'hui munis de panneaux solaires.

Le canton de Berne a adopté une loi selon laquelle tous les bâtiments en sa possession devront être équipés d'installations solaires, dans la mesure du possible. La loi entre en vigueur dès l'an prochain. Là encore, une liste de toutes les surfaces se prêtant à des installations photovoltaïques est en préparation.

Bâtiments classés

Un obstacle à l'installation de panneaux solaires sont les dispositions relatives à la protection du patrimoine, rappelle le Neuchâtelois Thierry Pittet. On ne peut installer des panneaux sur des bâtiments classés ou dans une zone d'anciennes localités, alors même que leurs propriétaires le souhaiteraient.

Aujourd'hui, les panneaux sont souvent de grands rectangles sombres ou des facettes bleutées. Les tuiles solaires sont elles aussi munies d'une petite cellule photovoltaïque. Cette technologie, qui demande des investissements plus grands, n'en est encore qu'à ses balbutiements.

Aussi, l'Agence internationale de l'énergie a créé un groupe de travail chargé d'élaborer des panneaux d'une autre couleur que le noir et dont le rendement reste efficace.

(ats)

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