LAUSANNE: Les casseurs annoncent leur retour pour le 1er Mai
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LAUSANNELes casseurs annoncent leur retour pour le 1er Mai

Le groupe Action autonome sera vendredi dans la capitale vaudoise. En même temps que le défilé syndical et le carnaval.

par
Carole Pantet

«La crise ébranle la légitimité de l'idéologie capitaliste. Déstabilisons ce régime. Rappelons, en ce 1er Mai, notre détermination dans le bloc révolutionnaire!» Cette invitation musclée à rejoindre les rangs des militants d'extrême gauche, demain à 17 h à la place Saint-François, circule depuis plusieurs jours sur internet. Derrière ces lignes, le groupe romand Action autonome, qui avait fait parler de lui à la même date l'an dernier. Après un cortège calme réunissant 200 personnes, quelques dizaines d'encagoulés avaient joué au chat et à la souris avec la police, brisant notamment au passage les vitres du McDo de Saint-Laurent. Comme l'an dernier, aucune autorisation de manifester n'a été demandée auprès de la police du commerce. Seul rassemblement annoncé: le cortège mis sur pied par l'Union syndicale, qui partira lui aussi à 17 h de la rue du Lion-d'Or, à une encablure de Saint-François.

La police devra aussi assurer à cette heure-là le déroulement du début du carnaval local, sur la place de l'Europe. «Nous avons déjà mis en place un dispositif particulier. Il sera bien sûr réévalué en fonction des informations qui nous parviennent», précise le porte-parole de la police lausannoise, Jean-Philippe Pittet. Côté commerces, pas de panique. Les deux cafés de la chaîne Starbucks resteront en tout cas ouverts.

Cagoules encore autorisées

Foulards, cagoules et objets dangereux: l’attirail du parfait casseur pourra être exhibé par les manifestants demain. Légalement. Le Canton de Vaud ne cache pas sa volonté de les empêcher de dissimuler leur visage pour faciliter leur identification, mais son projet de loi est encore coincé dans les rouages démocratiques. La commission qui l’a analysé est très divisée. C’est à une courte majorité qu’elle soutient la volonté du Conseil d’Etat. Une minorité des députés estime que cette loi est «inapplicable». Ils évoquent les situations où le fait de ne pas vouloir être identifiable n’est pas lié à la volonté de commettre un délit, comme ce serait le cas pour des sans-papiers. Le Grand Conseil tranchera sans doute avant l’été.

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