Les casseurs de prix, un danger pour les apprentis?
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Les casseurs de prix, un danger pour les apprentis?

LAUSANNE – L'arrivée des hard discounters risque de bouleverser le marché tendu des places d'apprentissage.

Le commerce de détail se targue de former 14% des apprentis de Suisse, dans une étude de 2006 commandée par les grands distributeurs. Mais de grosses différences existent. Les deux leaders de la branche sont aussi les champions de la formation: Migros arrive en tête avec 2800 apprentis. Coop suit avec plus de 2000 apprentis. L'écart se creuse avec les viennent-ensuite. Denner forme sa première volée de 25 apprentis, depuis la rentrée 2006, avec un objectif de 80 places d'ici à 2008. Les satellites Denner (franchisés) emploient quant à eux 85 apprentis. Carrefour Suisse totalise 17 apprentis, avec un objectif de 30 d'ici à 2008. Le hard discounter Lidl ne forme pas d'apprenti, mais veut s'y mettre: il «prévoit à moyen terme d'avoir un à deux apprenants par filiale», selon une porte-parole. «20 minutes» n'a obtenu aucune réponse d'Aldi. «Cela ne m'étonne pas, commente un responsable cantonal sous couvert de l'anonymat. Ils croient qu'un apprenti coûte, alors que, dès la 2e année, il y a un vrai retour sur investissement.» Former dans le respect de la loi implique d'investir, notamment en personnel, pour un bon encadrement, rappelle-t-il. Et de conclure: «Si les conditions pour une bonne formation ne sont pas réunies, autant s'abstenir. Mais, si ces distributeurs prennent des parts aux entreprises formatrices, leur faisant perdre des emplois, il risque d'y avoir un recul des places d'apprentissage.»

Emmanuelle Robert

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