Actualisé 07.04.2012 à 07:25

Japon

Les cerisiers fleurissent, signe du printemps

Les Japonais fêtent l'arrivée du printemps, en renouant avec le traditionnel pique-nique sous les cerisiers en fleurs.

La floraison des cerisiers vient de débuter au Japon. Les habitants de l'archipel renouent avec la tradition des pique-niques festifs de l'arrivée du printemps à laquelle beaucoup avaient renoncé l'an passé après le désastre provoqué par le tsunami.

«On peut à nouveau profiter des cerisiers en fleur cette année, l'année dernière c'était impossible», se réjouit Takao Yoshiya tout ouvrant un panier de victuailles à côté de son épouse. Tous deux sont venus s'installer dans un parc du quartier traditionnel d'Asakusa (nord-est de Tokyo).

Regardant une rangée d'arbres fleuris, il raconte qu'il attendait ce jour avec impatience, ayant réservé une excursion en bus dans la capitale. «Ce tour nous emmène sur huit sites de Tokyo connus pour leurs cerisiers. En plus, je peux boire, ce que je ne pourrais pas faire si je conduisais», dit-il en souriant.

La saison a été officiellement déclarée ouverte vendredi à Tokyo. Le week-end s'annonce clément et les citadins vont se ruer dans les jardins.

Les fêtes du «hanami» (littéralement «contempler les fleurs») constituent une institution au Japon. Elles sont célébrées habituellement chaque année lorsqu'éclosent les fleurs blanches ou roses des cerisiers plantés un peu partout.

Ces arbres, les fameux «sakura», ont pour caractéristique de fleurir très vite... et leurs jolis pétales de tomber tout aussi rapidement, en une semaine à peine. Cette beauté éphémère touche les Japonais qui honorent ce moment fugitif depuis des siècles.

Terrible séisme

L'an passé, pourtant, la plupart des réjouissances ont été annulées. Le 11 mars 2011, un terrible séisme de magnitude 9 et un tsunami géant avaient dévasté le nord-est de l'archipel, tuant 19'000 personnes et tout désir festif.

Lorsque les bourgeons ont éclaté, la population restait angoissée par la catastrophe, non maîtrisée alors, de la centrale nucléaire Fukushima Daiichi, à 220 km au nord-est de Tokyo.

«L'ambiance n'était pas à s'égayer sous les fleurs», se souvient Tatsuko Suzuki, employée municipale guidant les touristes à Asakusa. Elle rappelle que les lanternes rouges et blanches accrochées aux arbres pour l'occasion étaient restées éteintes à cause des pénuries d'électricité suivant les catastrophes.

La vie continue

Un an plus tard, les plaies du triple désastre n'ont certes pas été effacées mais la vie a repris un cours presque normal. Hormis dans les zones les plus touchées, la population a retrouvé l'envie de se détendre.

Mme Suzuki s'attend à voir débarquer des dizaines de milliers de curieux chaque jour dans les parcs du quartier. Dans l'ensemble du pays, des dizaines de millions de personnes célèbrent le «hanami».

Rires et chansons

En famille, avec des collègues ou entre amis, les Japonais s'installent sur des bâches à même les pelouses surplombées des branches fleuries. Chacun amène à manger, souvent à boire, et l'ensemble est partagé au milieu de joyeux bavardages, de rires et de chansons.

Pour nombre de professionnels, cette courte saison constitue un gagne-pain substantiel. Parmi les attractions très prisées figurent ces embarcations spécialement aménagées glissant sur une rivière d'où les voyageurs peuvent regarder les arbres le long des rives tout en dégustant la cuisine et les boissons locales.

(ats)

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