Actualisé 07.04.2013 à 17:57

ConcurrenceLes CFF déclarent la guerre aux camions

Pour améliorer la compétitivité du fret ferroviaire, l'ex-régie appelle à une réglementation plus sévère envers le transport routier et leurs chauffeurs.

Les CFF ne comptent pas seulement sur l'amélioration de leurs propres services de transport ferroviaire pour endiguer la concurrence. Selon une note interne, l'ex-régie fédérale entend également augmenter son avantage concurrentiel en militant pour l'imposition de nouvelles exigences envers le transport routier. Des mesures concrètes comme l'harmonisation des périodes de travail et de repos des conducteurs de camions avec celles des salariés dans les transports publics, y compris avec celles des conducteurs de train.

Resserrement des règles pour les transporteurs routiers

Pour les transporteurs routiers, il s'agirait d'un resserrement drastique des règles, explique la NZZ am Sonntag. Aujourd'hui, les chauffeurs de camion ont des journées et des semaines de travail plus longues que celles du personnel engagé dans le transport ferroviaire.

Les CFF s'opposent en fait à toute libéralisation du transport routier qui nuirait au fret ferroviaire. Ils exigent que les redevances liées à la RPLP restent «au moins à leur niveau actuel» pour éviter que le coût du transport routier diminue. Ils veulent maintenir l'interdiction de transporteurs étranger dans le transport interne. Enfin, les CFF s'opposent à une hausse des limites concernant la taille et le poids des camions et encore moins de l'arrivée de Gigaliner, des camions transportant jusqu'à 60 tonnes de marchandises.

Politique de «détérioration» dénoncée

L'Association Suisse des Propriétaires d'Embranchements Particuliers et de Wagons Privés (VAP) voient d'un mauvais oeil la note interne: «Malheureusement, c'est une politique menée pour exiger la détérioration de la route, plutôt que d'améliorer la performance dans le transport de marchandises», déplore son secrétaire général Frank Furrer qui exige des réformes plus profondes. «CFF Cargo ne peut se développer librement au sein des CFF. Il doit être placé dans une société distincte». Au lieu d'un durcissement de la réglementation du travail des chauffeurs, il plaide pour une amélioration des conditions cadres pour le rail avec une libéralisation urgente des prescriptions de travail et de sécurité.

Les CFF doivent pour leur part préparer la réforme de leur filiale CFF Cargo et satisfaire la mission demandée: un transport de marchandises fiable et efficace. Le Conseil fédéral et le Parlement se sont mis eux d'accord pour maintenir et même développer le taux de transport par rail des marchandises. (20 minutes)

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