Les CFF se préparent pour faire face à la pénurie d’énergie

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Eau chaude, lumière, réserves…Les CFF dévoilent leur plan pour faire face à la pénurie d’énergie

Lors d’une conférence de presse, les CFF ont présenté leurs résultats semestriels. L’occasion d’évoquer leur stratégie pour maintenir leur offre au maximum, malgré la crise.

Si la Confédération impose des restrictions, l’offre sera malgré tout limitée.

Si la Confédération impose des restrictions, l’offre sera malgré tout limitée.

20min/Matthias Spicher

Pour faire face au risque de pénurie d’électricité, les CFF ont déjà pris des mesures préventives concrètes. Ils ont «réduit le chauffage et l’éclairage dans leurs bâtiments, coupé l’eau chaude dans les bureaux et commencé à privilégier l’utilisation du mazout au gaz pour leurs installations», annoncent-ils jeudi. De plus, les CFF ont déjà décidé qu’ils renonceront aux illuminations de Noël, ainsi qu’à l’éclairage de leurs façades et enseignes.

Quant aux trains, les CFF rappellent qu’ils «sont alimentés à 90% par de l’énergie hydraulique» issue, principalement, de propres centrales électriques des CFF. Problème: ces dernières produisent actuellement moins d’énergie à cause de la sécheresse et du faible niveau d’eau dans les lacs de retenue.

En plus, pour garder de l’eau en réserve pour les centrales en hiver et maintenir l’offre au maximum, les CFF «veillent dès aujourd’hui à ce que les lacs de retenue restent autant que possible à leur niveau maximal». Conséquence, en attendant, ils doivent acheter l’énergie de substitution sur le marché «à des prix en constante augmentation». Une situation qui a logiquement déjà des impacts financiers et qui plombent les résultats (lire ci-dessous).

À noter que rien ne garantit que les trains pourront circuler tout l’hiver. «En cas de limitation du courant imposée par la Confédération, l’offre ferroviaire devrait être fortement réduite, alors qu’une coupure de réseau touchant les CFF entraînerait une interruption de l’exploitation», lit-on sur le site des CFF.

Un déficit de 142 millions de francs

Les CFF ont présenté leurs résultats semestriels 2022. Ils enregistrent une perte de 142 millions de francs. Si elle est inférieure à celle du premier semestre 2021 (389 millions de francs), «la situation financière reste tendue: les comptes du trafic grandes lignes affichent toujours un déficit de 123 millions de francs», révèlent les CFF. Du côté de l’unité Infrastructures Énergie, une perte de 24,2 millions a été enregistrée alors qu’en 2021 un bénéfice de 17,5 millions était ressorti. «Les CFF mettent en place, comme prévu, des mesures d’économies d’environ 6 milliards de francs d’ici 2030, par exemple en réduisant les dépenses dans le secteur administratif», ajoute la compagnie.

Plus d’un million de passagers par jour

Dans leur communiqué, les CFF annoncent qu’«au premier semestre 2022, un total de 1,1 million de personnes par jour a emprunté les lignes régionales et les grandes lignes». C’est 43,9% de plus qu’en 2021 mais toujours 15,1% de moins qu’en 2019. Les CFF notent que «de plus en plus de personnes prennent le train pour leurs loisirs». Cet été, ils ont d’ailleurs affrété 600 trains spéciaux pour des manifestations – comme la fête fédérale de la lutte et le camp fédéral scout – et des festivals en Suisse. En revanche, «le trafic pendulaire recule». 

Autre bonne nouvelle, le nombre d’AG en circulation est reparti à la hausse. Fin juin 2022, il y en avait 413’000, contre 395’000 l’année passée. «Les abonnements demi-tarif ont, quant à eux, atteint des chiffres record, avec 2,9 millions en cours de validité», disent les CFF.

(comm/aze)

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