Actualisé 18.11.2013 à 17:16

Wi-fi dans les garesLes CFF exploitent vos données personnelles

De plus en plus de gares proposent un accès gratuit à l'internet. Mais peu de gens savent que les CFF analysent comment ils surfent.

de
David Maccabez
Le surf dans les gares va se généraliser peu à peu.

Le surf dans les gares va se généraliser peu à peu.

Depuis peu, les pendulaires romands peuvent se connecter sans frais au web pendant une heure, dans quatre gares (Vevey, Montreux, Morges et Nyon). Après le succès des essais dans les gares alémaniques de Berne-Wankdorf, Burgdorf (BE) et Wetzikon (ZH), les CFF ont annoncé leur intention d'équiper en réseau sans fil les 100 plus grandes gares du pays d'ici à fin 2015. Lundi, cinq nouvelles haltes inaugurent le service (Zurich Altstetten, Dübendorf (ZH), Bülach (ZH), Thalwil (ZH) et Pfäffikon (SZ).

Mais est-ce vraiment gratuit? «Non», répond l'avocat spécialiste en droit des télécommunications Martin Steiger au «Tages-Anzeiger». Selon lui, les CFF enregistrent le numéro de téléphone, l'adresse MAC afin d'identifier l'appareil utilisé et le lieu, ainsi que la date et l'heure d'utilisation. «Les CFF peuvent se servir de ces informations pour dresser des profils de déplacements», explique l'avocat.

Comportement étudié

En acceptant les conditions générales de vente (CGV), le client autorise les CFF à recueillir ces données, à les utiliser et à les transmettre à des tiers, dans le pays ou à l'étranger. Le but: afin d'optimiser la circulation des personnes dans les gares, l'ex-régie fédérale analyse les habitudes de ses clients sur une base anonyme, selon le document des CFF.

Stefan Wehrle, porte-parole de l'entreprise, assure au quotidien zurichois qu'il n'est «pas prévu d'utiliser ces données à des fins publicitaires.» Même si les CGV l'autorisent, elles ne serviront pas à faire parvenir des courriels ou des appels de télémarketing.

Et le porte-parole de rajouter que tout est précisé dans les CGV. «Le client permet explicitement que les informations collectées soient analysées. Il s'agit d'un service gratuit, les voyageurs sont libres de s'en servir ou non.»

Protection des données?

Le «Tages-Anzeiger» se demande enfin si un tel consentement permet le stockage des informations et le dressage des profils. De plus, les CFF veulent garder les données pendant douze mois avant de les effacer. Or la loi ne permet de les conserver que pendant six mois, et ce à des fins policières ou judiciaires. En tout cas pas à des fins économiques.

Le préposé fédéral à la protection des données a annoncé vouloir clarifier les choses avec les CFF, explique son porte-parole Francis Meyer. L'ex-régie a déjà récemment été tancée pour avoir fiché ses clients sans qu'ils le sachent.

Rien de tel chez McDo

Les restaurants McDonald's, qui offrent le WiFi gratuit à raison de 2 fois une heure par jour, assurent qu'aucune donnée n'est enregistrée, ni utilisée. «La seule chose que nos clients ont à faire, c'est de donner leur numéro de téléphone à notre fournisseur d'accès, afin de recevoir un code d'activation. Ces données ne nous appartiennent pas», assure Béatrice Montserrat, porte-parole de McDonald's Suisse. D'ailleurs aucune offre ne leur est envoyée par la suite. A la Coop, qui propose un accès WiFi avec son système de paiement rapide Passabene, on assure aussi ne pas récolter d'information sur les clients.

Dans certaines communes, comme au Locle (NE), ce sont les autorités qui offrent du réseau à leurs concitoyens. Même réponse que chez McDo, aucune donnée n'est utilisée. «Nous n'y voyons aucun intérêt, nous avons d'autres choses à faire», déclare le responsable de la promotion de la ville des Montagnes neuchâteloises, Bernard Vaucher.

Car Postal fait pareil

Interrogée par nos confrères de la RTS, la société CarPostal Suisse a admis imiter les CFF, afin de «regarder les durées d'utilisation et le nombre d'utilisateurs du wifi», selon les déclarations du porte-parole Urs Bloch à la radio-télévision suisse.

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