Perspectives d’avenir – Les CFF veulent gagner en flexibilité et en efficacité
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Perspectives d’avenirLes CFF veulent gagner en flexibilité et en efficacité

Le transporteur a annoncé sa stratégie 2030. Il veut renforcer sa mission clé, à savoir la ponctualité, la fiabilité et la sécurité. Mais aussi assumer une responsabilité écologique et sociale.

Les CFF ont présenté jeudi 25 novembre leur stratégie 2030, qui met l’accent sur l’avenir de l’entreprise et la voie à suivre pour sortir de la crise du coronavirus. Ces lignes directrices prévoient de mettre en avant, dans un premier temps jusqu’en 2025, la robustesse du système ferroviaire et la stabilité financière.

Monika Ribar, présidente du conseil d’administration des CFF, a insisté sur le point suivant lors de sa présentation: «La stratégie CFF 2030 repose sur les atouts de notre chemin de fer, que nous envient de nombreux pays.» Elle a ajouté que la stratégie mise sur la continuité tout en privilégiant la ponctualité, la fiabilité et la sécurité. «Par ailleurs, nous voulons nous stabiliser sur le plan financier et, d’ici à 2030, mieux anticiper les besoins de notre clientèle, pour la Suisse et en tant qu’entreprise du service public.»

Vincent Ducrot, CEO des CFF, a concrètement expliqué la voie empruntée: «Nous devons tout d’abord assurer la robustesse du système ferroviaire et le financement durable des CFF. D’ici à 2030, nous entendons par ailleurs flexibiliser progressivement notre offre, en nous basant sur l’horaire cadencé, qui a fait ses preuves. Ainsi, le rail séduira davantage que le trafic individuel motorisé.» Les CFF mettent donc en œuvre la stratégie en deux temps. D’ici à 2025, ils entendent maîtriser la situation financière très tendue à la suite de la crise sanitaire, stabiliser l’exploitation et l’horaire, et renforcer l’orientation clientèle. Ils pourront ainsi atteindre, dans un second temps, les objectifs fixés pour 2030.

Flexibilité

En se fondant sur l’horaire cadencé qui a fait ses preuves, les CFF entendent flexibiliser davantage l’offre en faveur de leur clientèle. À cet effet, ils souhaitent aménager progressivement les offres d’ici à 2030. Par exemple, l’horaire pour les personnes voyageant dans le cadre de leurs loisirs lors des week-ends sera différent de celui des pendulaires durant la semaine; ponctuellement, l’horaire pourra également être adapté selon la saison. De telles offres existent déjà: les amateurs de sport d’hiver voyagent le week-end à bord du Verbier Express directement de Genève au Châble, tandis que d’autres prennent les trains spéciaux les jours fériés pour aller profiter du soleil au Tessin.

Les CFF veulent se développer là où le chemin de fer concentre le plus d’atouts, à savoir sur les liaisons longue distance rapides destinées au transport de voyageurs et de marchandises, et dans les agglomérations. Au niveau international, les nouvelles offres des CFF, comme le train de nuit à destination d’Amsterdam, constituent une option respectueuse du climat et compétitive par rapport à l’avion et à la voiture.

Plus vert

Les CFF visent la neutralité climatique d’ici à 2030, consomment moins d’énergie et favorisent l’économie circulaire. Le chemin de fer respectueux du climat et ménageant les ressources – imbattable du point de vue écologique par rapport à l’avion, au bus et à la voiture électrique – apporte une contribution importante à l’atteinte des objectifs climatiques que la Suisse s’est fixés pour 2050: grâce à la part du ferroviaire dans les transports, le pays réduit chaque année ses émissions de CO2 de 5 millions de tonnes, soit 10% de l’ensemble des émissions nationales.

Rallonger les temps de parcours pour être à l’heure

Les CFF luttent contre les retards sur le trafic grandes lignes. Dans la «NZZ», ils expliquent notamment que le fait que les temps de parcours n’ont guère été modifiés depuis 2004, malgré l’augmentation du nombre de passagers avant la pandémie de coronavirus. Selon les CFF, les temps d’arrêt dans les gares sont donc plus longs. De plus, les trains sont plus nombreux et plus longs. Les chemins de fer étudient donc la possibilité d’allonger les temps de parcours sur certaines lignes afin de disposer de plus de marge de manœuvre pour respecter l’horaire.

Dans le trafic aérien, la pratique qui consiste à rallonger à indiquer un temps de vol supérieur à la réalité pour arriver à l’heure prévue à destination est connue. C’est une astuce qui coûte cher en empreinte carbone car si le décollage se déroule normalement, les avions peuvent ralentir et donc consommer plus de kérosène pouvait-on lire dans un article sur le site de geo.fr.

(comm/jbm)

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