Actualisé 11.03.2013 à 17:02

Accidents en série

Les CFF veulent rassurer leur clientèle

Après les accidents à répétition survenus depuis le début de l'année, les CFF ont voulu rassurer la clientèle. Ceux-ci n'ont aucun lien entre eux.

La compagnie de transports reconnaît qu'un nombre inhabituel d'accidents, dix au total, s'est produit ces dernières semaines. Le plus spectaculaire, une collision entre deux trains régionaux, avait fait 26 blessés le 10 janvier à Neuhausen (SH), ont rappelé les CFF devant les médias à Berne.

Ces incidents ne présentent toutefois pas de cause commune, a précisé Philippe Gauderon, responsable de la division Infrastructure. Les enquêtes sur leurs causes sont en cours pour presque tous les cas, ce qui rend l'évaluation des coûts impossible pour l'heure. Les CFF sont de toute façon assurés contre de tels accidents, a souligné M. Gauderon.

Pas de coupes dans la sécurité

Vu la constante augmentation de trains en circulation sur le réseau ferré ces dernières années, la sécurité s'est même améliorée, a déclaré Hans Vogt, responsable de la sécurité. Le nombre de collisions, de déraillements, d'accidents liés à la signalisation et d'incidents de manoeuvre diminue depuis dix ans, indiquent conjointement le Service d'enquête suisse sur les accidents (SESA) et les CFF.

La sécurité constitue la préoccupation principale des CFF, a souligné M. Vogt. Une procédure de gestion du risque permet de planifier la stratégie dans le domaine et vise une amélioration constante. Plus de 250 indicateurs de surveillance sont par exemple utilisés pour anticiper les éventuels problèmes. Les accidents évités de justesse sont aussi pris en compte dans l'analyse.

40 inspecteurs des voies

L'infrastructure n'est pas non plus délaissée. Les CFF ont par exemple entamé le remplacement des signaux de contrôle de vitesse par un système plus moderne et plus performant. Ce processus, qui devrait s'achever fin 2017, se monte à 300 millions de francs. Un audit annuel externe est également conduit par une société spécialisée dans la circulation ferroviaire.

Les investissements en matière de personnel ne sont pas négligés, a ajouté Philippe Gauderon. Les collaborateurs suivent en moyenne 5,5 jours de formation continue par année, pour un total de 40 millions de francs. Une équipe de 40 inspecteurs des voies parcourt à pied l'ensemble du réseau régulièrement, comptabilisant 160'000 kilomètres annuellement.

Syndicat critique

Le Syndicat du personnel des transports (SEV) se montre plus critique sur ce dernier point. Il estime que l'exigence de productivité toujours plus élevée exerce une forte pression sur les collaborateurs. Des services de piquets ont été réduits, ce qui a diminué le nombre de techniciens compétents sur le réseau, a indiqué à titre d'exemple Peter Moor, porte-parole du SEV, interrogé par l'ats.

Les horaires de travail des conducteurs de locomotive ont en outre été rallongés, au détriment de leur temps de repos. Les conducteurs ne seraient pas surmenés, mais surchargés, a nuancé M. Moor.

Les CFF réfutent ces reproches. Selon eux, la Convention collective de travail (CCT) et la loi sont restées identiques. En conséquence, la durée et les conditions de travail des collaborateurs satisfont aux prescriptions légales. Le personnel de la compagnie ferroviaire a d'ailleurs passé de quelque 9000 personnes en 2008 à 9620 en 2012, a souligné Philippe Gauderon. (ats)

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