Coronavirus (GE): Les chantiers genevois à l'arrêt dès vendredi
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Coronavirus (GE)Les chantiers genevois à l'arrêt dès vendredi

Le conseil d'Etat a décidé d'interrompre tous les chantiers dès vendredi midi. Quelques dérogations seront toutefois accordées.

par
Léonard Boissonnas
La quasi totalité des chantiers dans le canton va être fermée d'ici vendredi midi.

La quasi totalité des chantiers dans le canton va être fermée d'ici vendredi midi.

Keystone/Martial Trezzini

La mesure était attendue par les ouvriers, les syndicats et les milieux patronaux: les travaux seront presque tous suspendus à Genève et ce, dès ce vendredi midi, au plus tard. Le Conseil d'Etat l'a annoncé mercredi, relevant «les risques sanitaires particuliers et évidents qui prévalent sur un chantier au vu de sa configuration et une forme de promiscuité qui rendent difficiles l'application stricte des règles de l'OFSP».

«Dès aujourd'hui, dès l'entrée ne vigueur de l'arrêté, les entreprises sont requises de s'organiser de manière à ce que les chantiers puissent se terminer en respectant toutes les règles de sécurité, a indiqué le conseiller d'Etat Serge Dal Busco, chargé du Département des infrastructures. Certains d'entre eux nécessitent un temps d'adaptation technique nécessaires. Et de le faire, en respectant les règles et recommandations de l'OFSP notamment les distances.»

Des dérogations au cas par cas

Toutefois, certains chantiers spécifiques pourront être poursuivis en raison d'intérêts publics prépondérants, a poursuivi le conseiller d'Etat. Celui-ci représentera l'Etat au sein d'un organe de consultation tripartite, avec un représentant des organisations patronales et un représentant des syndicats, pour décider «au cas par cas» quels travaux doivent être maintenus.

Par exemple, des dérogations pourraient être accordées si certaines opérations sont nécessaires pour la sécurité du chantier ou du public, comme des canalisations ou des fouilles dangereusement ouvertes, ou au cas où des chantiers, pour des raisons de sécurité objectives, ne peuvent se finir d'ici vendredi.

«Les entreprises seraient très inspirées d'accélérer le mouvement et ne pas attendre l'échéance de vendredi midi, a insisté Serge Dal Busco. Je ne doute pas que la plupart des chantiers seront terminés à ce moment-là. Les entreprises qui ne respecteraient pas cet arrêté s'exposent à des amendes de 100 à 300'000 francs», a rappelé le conseiller d'Etat.

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Unia «très soulagé»

«Nous sommes très soulagés de cette décision, réagit Alessandro Pelizzari, secrétaire régional du syndicat Unia. Cela faisait depuis lundi que nous la réclamions pour la sécurité des travailleurs et du public. Nous espérons que les entreprises vont jouer le jeu et qu'elles auront le bon sens d'arrêter leur chantier demain. Genève est le premier canton à prendre cette mesure. Le canton de Vaud a décidé aujourd'hui de ne fermer que les chantiers où les règles de sécurité ne sont pas respectées, mais encore faut-il pouvoir les contrôler. Il y a aussi des discussions à ce sujet du côté du Tessin. Mais je ne comprends pas que certains hésitent encore à le faire.»

Une task force pour l'emploi

Par ailleurs, le gouvernement genevois a annoncé la mise en place d'une task force autour du Conseil de surveillance du marché de l'emploi, également tripartite, pour répondre aux demandes des syndicats et des patrons, notamment sur le respect des règles de sécurité sur les lieux de travail. Cette task force, souple, réunira des représentants des partenaires sociaux et de l'exécutif. Elle servira de plateforme d'échange pour les problématiques en cours, comme les distances de sécurité dans les grandes surfaces, a expliqué le conseiller d'Etat Mauro Poggia, chargé du Département de la sécurité, de l'emploi et de la santé.

Reportage sur les chantiers, avant l'interdiction

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Visites en EMS et dans les hôpitaux interdites

Le Conseil d'Etat a décidé d'interdire toutes les visites au sein de l'ensemble des établissements médicaux publics et privés ainsi que dans les établissements médico-sociaux (EMS) et établissements pour personnes handicapées (EPH), a-t-il indiqué mercredi. Il s'agit de mesures «sans doute douloureuses» pour les patients et leurs proches, a concédé Le conseiller d'Etat Mauro Poggia. Mais il a rappelé que, «malheureusement, plusieurs personnes en EMS ont été infectées, dont l'une est décédée. Nous devons réduire ce risque au strict minimum.»

Des dérogations pourront être accordées, comme pour les visites à un proche en fin de vie. Les établissements pourront les accorder, tout en mettant en place des mesures de précautions. L'entourage des personnes concernées est invité à garder le contact avec la personne proche par un autre biais. «Nous comptons sur chacun pour que ces mesures soient efficaces», a ajouté Mauro Poggia.

Vaud durcit le ton

Le Conseil d'Etat vaudois appelle le Conseil fédéral à accroître les mesures sanitaires d'éloignement. Il utilise sa marge de manoeuvre pour interdire les chantiers et certaines productions industrielles. Et ceci dès mercredi à 18h00.

«L'heure est grave», a lancé la présidente du gouvernement vaudois Nuria Gorrite. Les personnes à risque continuent à sortir et les moins vulnérables continuent à se réunir en nombre dans l'espace public ou dans des lieux de travail, a-t-elle constaté. «De nombreuses activités économiques non essentielles continuent». En conséquence, le canton a décidé d'utiliser toute la marge de manoeuvre que lui laissent les dispositions fédérales. Il a adopté un arrêté qui stoppe les chantiers et les productions industrielles lorsque les mesures sanitaires ne peuvent pas être garanties. Les corps de police effectueront des contrôles.

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