Berne – Les chasseurs maladroits font du tort aux autres
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BerneLes chasseurs maladroits font du tort aux autres

Ces dernières semaines, des chasseurs suisses ont tiré plusieurs fois par erreur sur des animaux de ferme. Ces incidents ont fait jaser sur les réseaux sociaux et fait bondir les chasseurs expérimentés

Les lamas sont parfois utilisés pour protéger les moutons des attaques du loup.

Les lamas sont parfois utilisés pour protéger les moutons des attaques du loup.

Fachstelle Herdenschutz Schweiz

Rien qu’en septembre, au moins trois incidents de tir impliquant des chasseurs ont été relatés dans la presse (voir encadré). À chaque fois, les tireurs ont confondu du gibier avec des animaux de rente. Ces ratés ont suscité de vives critiques sur les réseaux sociaux. «C’est précisément à cause de tels «chasseurs» que nous, chasseurs expérimentés, passons toujours pour des idiots auprès de la population», a par exemple écrit un utilisateur de Facebook. «C’est une honte, déclare P. H., qui est chasseur depuis 40 ans et souhaite rester anonyme. Il est impossible que vous puissiez confondre un cheval avec un sanglier ou un lama avec un cerf!»

La Société suisse pour la protection des animaux (STS) est également critique: «Les nombreux ratés sont le signe que les permis de chasse doivent être retirés aux chasseurs qui commettent des erreurs, déclare Samuel Furrer, zoologue et directeur de la STS. Les exigences sont très claires: le chasseur ne doit tirer que lorsqu’il est sûr de ce qu’il a dans son viseur. Peu importe l’heure du jour ou de la nuit à laquelle la chasse a lieu ou les conditions de visibilité.»

«De tels cas ne devraient pas se produire»

David Clavadetscher, directeur de Chasse Suisse, estime qu’il est «inexplicable et incompréhensible que trois confusions aient pu se produire en si peu de temps. Il n’est pas du tout compliqué de distinguer un cheval d’un cerf. S’il y a ne serait-ce qu’un soupçon de doute dans l’esprit du chasseur sur la cible, il ne doit pas appuyer sur la gâchette.» L’Association regrette profondément ces incidents tragiques.

Selon l’ordonnance fédérale sur la chasse, tout chasseur doit passer périodiquement un test de tir pour être autorisé à aller pratiquer son sport ajoute David Clavadetscher. «De telles confusions ne peuvent se produire qu’en raison d’une négligence absolue» lance-t-il. Toutefois, cela n’a rien à voir avec la chasse elle-même, mais avec la personne qui est derrière le fusil. «Ces chasseurs devraient se trouver une autre passion et ne plus sortir avec leur arme» conclut-il. Il relativise en disant que de tels incidents sont rares.

Une série d’incidents

4 septembre 2021: Non loin de la ville de Porrentruy (JU), un chasseur a tiré accidentellement sur un cheval. Il pensait viser un sanglier. Dans un communiqué de presse, l’Association cantonale des chasseurs jurassiens rappelle qu’elle attend «impatiemment» les conclusions de l’enquête.

8 septembre: Quatre jours plus tard, un chasseur de la Haute Engadine GR tire accidentellement sur un cheval qu’il prend pour un chevreuil. Le cheval islandais gravement blessé doit ensuite être euthanasié, et l’homme est dénoncé à la police.

21 septembre: dans le Muotathal (SZ), un chasseur a abattu un lama qui était utilisé par un éleveur comme animal de protection de troupeau. Comme le chasseur n’a pas signalé l’incident, alors qu’il est obligatoire de le faire, il risque des conséquences juridiques.

(dk/muf/jbm)

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