Actualisé 23.04.2008 à 15:12

Les chauffards italiens traqués jusque chez eux

La justice milanaise est submergée de demandes d'entraide judiciaire provenant de cantons suisses.

En 2007, 17 468 étrangers (+3,2%) se sont vu signifier une interdiction de conduire sur le territoire suisse. Sur les cinq dernières années, la hausse dans ce domaine est de 70%.

Les requêtes, parfois de peu d'importance, concernent l'identité d'automobilistes de la Péninsule flashés sur territoire suisse et ayant été mis à l'amende.

Selon l'agence de presse Ansa, un millier de ces demandes arrivent chaque année à Milan. En Italie, l'excès de vitesse est puni par une sanction administrative tandis qu'en Suisse il est considéré comme un délit pénal. La différence explique la nécessité d'une demande d'entraide judiciaire.

Ansa cite l'exemple d'un automobiliste milanais intercepté par un radar le 6 novembre en Suisse alors qu'il roulait à 114 km/h sur un tronçon limité à 100. Un juge d'instruction a dû l'identifier, interroger le responsable de la firme à qui appartenait la voiture et photographier le véhicule. Tout cela pour lui faire payer 73 euros (environ 115 francs).

Les Italiens qui se font pincer en suisse ont donc des soucis à se faire. Mais qu'en est-il des chauffards suisses qui se font flasher en Italie?

Il y a quelques années, les pays européens étaient un peu plus laxistes en matière de sécurité routière. Mais les règlementations chez nos voisins se sont durcies. Surtout avec l'introduction des permis à point.

Les polices européennes ne peuvent pas retirer des points sur le permis Suisse, puisque ce dernier n'en dispose pas. Par contre, les gendarmes, peuvent, en plus des amendes, prononcer une «interdiction de circuler de plusieurs mois dans le pays».

Si l'infraction est grave, les gendarmes européens peuvent transmettre leurs décisions aux autorités suisses. Puis, le service des automobiles concerné peut sanctionner le conducteur suisse d'un avertissement, voire d'un retrait de permis.

Par contre, la Suisse ne peut pas appliquer des barèmes plus sévères que ceux de ses homologues étrangers. Ainsi, si la police allemande estime que l'excès de vitesse mérite une soustraction de quelques points, la Suisse ne peut pas aller au-delà en prononçant un retrait, par exemple.

Côté finance, les autorités suisses, ne peuvent pas amender le conducteur une deuxième fois. Elles peuvent néanmoins lui administrer des «frais de procédure».

Si l'infraction est constatée par une interpellation immédiate, c'est-à-dire que les gendarmes flashent l'automobiliste avec un radar et l'arrêtent un peu plus loin, à un péage ou en envoyant un motard à sa poursuite, le contrevenant suisse doit s'acquitter immédiatement de l'amende s'il veut poursuivre sa route. S'il n'a pas d'argent, la gendarmerie l'escortera jusqu'au distributeur le plus proche.

atk/AP

En 2007, 17 468 étrangers (+3,2%) se sont vu signifier une interdiction de conduire sur le territoire suisse. Sur les cinq dernières années, la hausse dans ce domaine est de 70%.

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