Les chèques service rabotent le travail au noir
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Les chèques service rabotent le travail au noir

La nouvelle loi fédérale sur le travail au noir a provoqué une ruée sur les chèques service.

«Il y a un afflux massif sur les chèques service», a observé hier Bernard Favre, secrétaire général adjoint du Département de la solidarité et de l'emploi. Les chèques service facilitent les démarches administratives des ménages employant du personnel domestique. Ce système connaît un bond avec l'entrée en vigueur, le 1er janvier, de la loi sur le travail au noir. Plus transparente, cette dernière permet à l'inspection du travail d'accéder aux fichiers des différentes assurances sociales. «J'estime l'augmentation à 20% sur les derniers mois, indique Bernard Babel, directeur de la Fondation Pro, en charge des chèques service. Nous gérons environ 2000 dossiers.» A la Fondation, on attribue cette recrudescence à la promotion faite autour de la nouvelle loi. «Il y a eu beaucoup de craintes chez les sans-papiers vis-à-vis de cette nouvelle norme, explique Georges Tissot, secrétaire syndical au SIT.

Mais, depuis que nous avons obtenu la garantie du Conseil d'Etat qu'il n'y aurait pas de chasse contre eux, nous les encourageons à se tourner vers le chèque service». Il rappelle néanmoins que les 80% du travail au noir sont assurés par des gens établis en Suisse. «A l'évidence il y a une prise de conscience qui était nécessaire», constate de son côté Sabine von der Weid, des associations patronales. Surtout que travail au noir représente une économie parallèle de 37 milliards, selon les services de la Confédération.

Renaud Bournoud

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