Les chercheurs d'or bannis au nom de l'environnement
Actualisé

Les chercheurs d'or bannis au nom de l'environnement

Neuchâtel. Dès le 1er janvier 2008, les rares orpailleurs n'auront plus le droit de prospecter dans les cours d'eau.

Les chercheurs d'or ne figurent pas seulement dans le Far West de Lucky Luke ou dans les livres de Blaise Cendrars. Ils existent aussi dans nos régions, sillonnant les cours d'eau à la recherche du précieux métal. Christian Hoffinger en fait partie.

Cet électricien de 25 ans, habitant des Haut-Geneveys (NE), a pratiquement fait des Gorges de l'Areuse son pied-à-terre. «Je suis d'abord un passionné de pêche et de nature. En taquinant le goujon, j'ai rencontré un orpailleur qui nous a montré comment il travaillait.» Avec l'or qu'il a récolté, cinq grammes pour cinquante heures de travail, Christian Hoffinger s'est fait fabriquer une boucle d'oreille et des alliances pour lui et sa femme. Mais voilà que le Conseil d'Etat a décidé d'interdire cette pratique au nom de la protection de la faune.

«En prospectant les pieds dans l'eau, les orpailleurs détruisent le lit de la rivière, qui abrite des alevins et des invertebrés qui nourrissent les truites», explique le garde-faune cantonal, Arthur Fiechter. «Je doute de l'impact réel de notre activité sur l'environnement, répond Christian Hoffinger. Il suffirait de limiter l'orpaillage en hiver, comme cela se fait par exemple à Disentis, dans les Grisons. C'est la mecque pour la recherche d'or en Suisse. Il y même un camping d'orpailleurs. Là-bas, il y a des dates précises où la prospection est autorisée, et tout le monde est content.»

Nando Luginbuhl

Ton opinion