Actualisé 17.12.2017 à 16:57

PolitiqueLes Chiliens votent pour le 2e tour de la présidentielle

Ce scrutin déterminera si le pays reste ancré au centre gauche ou s'il bascule à droite comme l'ont fait une série de pays d'Amérique latine ces dernières années.

Les Chiliens votent ce dimanche pour le second tour de l'élection présidentielle. Ce scrutin déterminera si le pays reste ancré au centre gauche ou s'il bascule à droite comme l'ont fait une série de pays d'Amérique latine ces dernières années.

Un duel plus ouvert qu'on ne le pensait initialement oppose l'ancien président Sebastian Piñera, milliardaire conservateur de 68 ans, au journaliste et sénateur de centre gauche Alejandro Guillier, âgé de 64 ans.

Quelque 13,4 millions de personnes sont appelées à se rendre aux bureaux de vote, qui ont ouvert à 08h00 (12h00 en Suisse) et devaient fermer à 18h00 (22h00 en Suisse). Les résultats sont attendus autour de minuit.

Sebastian Piñera passait pour le favori durant la campagne électorale mais, lors du premier tour le 19 novembre, il a réalisé un score inférieur (36,6%) à ce que lui prédisaient les sondages. Un score qui relance les chances de voir le pays rester à gauche, après le mandat de la présidente Michelle Bachelet. M. Piñera s'est toutefois déclaré confiant de l'emporter, et a dit attendre le résultat avec «humilité et espoir».

Ralliement de la gauche radicale

Le candidat de centre gauche, qui a obtenu 22,6% le 19 novembre, a bénéficié durant l'entre deux-tours du ralliement de la candidate de la gauche antilibérale Beatriz Sanchez, qui a recueilli environ 20% au premier tour. Si Beatriz Sanchez a annoncé qu'elle voterait Guillier pour barrer la route à Sebastian Piñera, qui a déjà été président de 2010 à 2014, rien ne dit que ses partisans la suivront.

«Ne pas se rendre aux urnes, c'est accorder la victoire à l'élite des puissants. Nous pouvons continuer de lutter pour un Chili plus juste», a lancé M. Guillier jeudi, lors de son dernier meeting de campagne.

Les deux candidats en lice au second tour souhaitent préserver le modèle d'économie libérale du Chili. Mais M Piñera a promis des baisses d'impôt pour doper la croissance, tandis qu'Alejandro Guillier, lui, entend poursuivre les réformes engagées par Michelle Bachelet dans l'éducation, la fiscalité et le travail.

Mécontentement

Alejandro Guillier a réalisé au premier tour le plus faible score d'un candidat de centre gauche depuis le retour de la démocratie en 1990, signe du large mécontentement de l'opinion contre la présidente sortante.

Les électeurs de gauche jugent la politique sociale de Mme Bachelet trop timide, tandis que pour l'opposition conservatrice, les mesures qu'elle a prises ont entretenu l'incertitude sur les marchés financiers et nui aux investissements privés, si bien que la croissance économique moyenne a été seulement de l'ordre de 1,8% par an sous Bachelet.

Le fort soutien dont ont bénéficié au premier tour Beatriz Sanchez ainsi qu'un candidat très marqué à droite, José Antonio Kast, a conduit Piñera aussi bien que Guillier à tenter d'attirer vers eux des électeurs mécontents du statu-quo. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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