Marché de l'emploi: Les chômeurs helvétiques intéressent l'Allemagne
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Marché de l'emploiLes chômeurs helvétiques intéressent l'Allemagne

L'Agence fédérale allemande pour le travail proposera le 20 avril prochain des emplois à des chômeurs des cantons de Bâle, Zurich et Argovie.

L'Allemagne fait les yeux doux aux chômeurs suisses.

L'Allemagne fait les yeux doux aux chômeurs suisses.

Une journée d'information aura lieu à Aarau. Elle est soutenue par les offices du travail des trois cantons.

Quelque 5'000 chômeurs de ces régions ont été invités. Le chef de l'office du travail de Bâle, Hansjürg Dolder, a confirmé lundi à l'ATS l'information publiée par divers médias ce week-end. Le but de la journée est d'informer les candidats potentiels au départ sur les possibilités de vie et de travail en Allemagne.

Selon M. Dolder, il s'agit de donner aux chômeurs helvétiques un horizon de recherche plus large et d'augmenter leurs chances de retrouver un emploi. Même si les salaires allemands sont plus bas, il est préférable de vivre et d'être employé en Allemagne que de toucher le chômage en Suisse, estime-t-il.

Bon pour le CV

«Une expérience de travail à l'étranger est toujours positive dans un CV», ajoute Valentin Lagger, responsable du dossier au SECO. Selon lui, les chômeurs qui font le pas pourraient plus tard retrouver plus facilement du travail en Suisse. M. Lagger souligne toutefois que personne ne sera forcé à partir.

Il faut voir la journée comme une mesure visant à soutenir la libre circulation des personnes entre les deux pays, poursuit M. Dolder. Un des objectifs est aussi de contribuer à résoudre le manque de personnel existant dans certaines branches en Allemagne.

Les chômeurs invités par les offices du travail sont des personnes ayant été formées dans des domaines dans lesquels ce pays connaît une pénurie de personnel. Cela va des infirmiers et des médecins jusqu'aux ingénieurs, en passant par les cadres d'administration, les experts-comptables ou les assureurs.

Parmi les branches mentionnées, certaines, comme les soins infirmiers, manquent également de personnel en Suisse. M. Dolder n'y voit toutefois pas un problème. Il se peut en effet qu'un spécialiste de cette branche ne trouve pas de travail dans sa région en ce moment, explique-t-il.

Intérêt limité

M. Dolder ne s'attend toutefois pas à une forte émigration de spécialistes helvétiques vers l'Allemagne. Jusqu'ici seules 30 personnes se sont inscrites à la journée d'information. L'initiative ne devrait donc pas permettre de compenser le flux migratoire de l'Allemagne vers la Suisse.

Celle-ci a été initiée par l'Allemagne, qui organise déjà de tels événements dans d'autres pays. Les trois cantons se sont portés volontaires pour réaliser un projet pilote. Si celui s'avère concluant, de telles journées d'information pourraient être organisées régulièrement en Suisse alémanique.

La Suisse romande n'est pour l'instant pas concernée. La France n'a pas fait part d'un intérêt pour les chômeurs suisses jusqu'ici, indique M. Lagger.

(ats)

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