Genève: «Les chômeurs sont pris pour des cons»
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Genève«Les chômeurs sont pris pour des cons»

Des fonctionnaires dénoncent la surcharge de travail et le «climat de crainte» qui règne à l'Office de l'emploi.

par
Shahïn Ammane
Les conseillers gèrent 140 dossiers en moyenne. (Photo: L.Guiraud/TG)

Les conseillers gèrent 140 dossiers en moyenne. (Photo: L.Guiraud/TG)

«La direction ne nous demande pas d'aider les chômeurs, mais de faire du chiffre», ont martelé hier, lors d'une conférence de presse, trois conseillers en personnel de l'Office cantonal de l'emploi (OCE). Signe d'un malaise ambiant, les fonctionnaires ont tenu à garder l'anonymat par crainte des représailles. «Notre hiérarchie nous presse de remplir des statistiques. Le but est de radier le plus de chômeurs quitte à les caser n'importe où».

Chaque conseiller gère 140 dossiers d'assurés alors que le maximum préconisé s'élève à 90, dénoncent-ils. Et s'il leur prend l'envie de se plaindre auprès de leur chef, ils risquent des blâmes, voire des sanctions. Selon eux, la peur pèse encore plus sur les auxiliaires, poussés à l'individualisme et à la concurrence. «Pourquoi l'Etat traite-t-il ses employés ainsi», s'est demandé Fabrice Scheffre, secrétaire syndical des services publics en charge du dossier. «Le respect des procédures passe avant la relation entre conseiller et demandeur d'emploi, ce qui donne l'impression de prendre les chômeurs pour des cons».

Le syndicaliste a fait part de ses doléances dans un courrier adressé à François Longchamp, chef du département de l'emploi. Son secrétaire général adjoint, Bernard Favre, souligne que l'audit révélé en avril avait déjà fait état de la souffrance du personnel. «La phase de transformation des processus a débuté», indique-t-il. S'il reconnaît la surcharge de travaille, il espère que la nouvelle direction de l'OCE saura rendre la confiance aux conseillers pour qu'ils atteignent leur objectif, qui est d'aider les chômeurs à retrouver rapidement un emploi durable.

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